Marseille – Affaire Zineb Redouane : la juge d’instruction exige l’ITT d’une… morte

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Un cortège d’environ une centaine de personnes avait manifesté à Marseille, début mars, du cours Belsunce où Zineb avait ses habitudes, jusqu’au pas de sa porte à Noailles, là où le drame a eu lieu le 1er décembre.

Photos david rossi

La juge d’instruction en charge du dramatique dossier de la mort de Zineb Redouane – du moins du début du dossier puisqu’il a été repris par l’une de ses consoeurs en janvier – a offert sur un plateau un argument à l’avocat de la fille de la victime de 80 ans qui souhaite ardemment que l’enquête sur son décès soit dépaysée vers un autre tribunal…Alors que la famille de Zineb Redouane, touchée en pleine tête, lors de l’acte III des gilets jaunes le 1er décembre, par une grenade lacrymogène à la fenêtre de son appartement de la rue des Feuillants (1er) et décédée le lendemain au cours d’une intervention chirurgicale, a déjà déposé plainte mi-avril, l’avocat de sa fille, Me Yassine Bouzrou, vient, comme le révélaient hier nos confrères du Parisien, de se fendre d’un courrier au procureur général de la cour d’appel d’Aix, Robert Gelli. Parce que dans une ordonnance d’expertise médico-balistique, datant du 10 décembre, la magistrate demandait à l’expert de « préciser les lésions corporelles occasionnées et déterminer l’ITT« . L’interruption temporaire de travail d’une morte, donc…

Dans ces lignes adressées au premier magistrat du ressort, que nous avons pu consulter, l’avocat, qui visiblement ne croit absolument pas à une bourde grotesque ni même à la retranscription d’un « questionnaire type », estime qu' »une telle demande ne peut s’expliquer que par le fait que le magistrat instructeur a estimé dès le début de l’information judiciaire que le traumatisme facial causé par la grenade lacrymogène n’avait aucun lien avec le décès de Zineb Redouane« . Et de demander, pour la seconde fois, le dépaysement de ce dossier ultrasensible ouvert pour « recherches des causes de la mort » et dans les mains de la police des polices.

Dans un précédent courrier, datant du 12 avril, il pointait du doigt pour justifier cette requête, la potentielle proximité du policier, toujours pas identifié selon nos sources, avec les magistrats locaux, mais aussi les propos du procureur de Marseille, Xavier Tarabeux qui, dans ses déclarations du 4 décembre, avait, selon l’avocat, « écartait manifestement toute responsabilité des forces de l’ordre« . Alors s’agit-il d’une très maladroite erreur ou d’une « stratégie » visant à déconnecter l’impact de la grenade du décès afin de rendre celui-ci potentiellement imputable à l’hôpital ? Hier, le procureur n’a pas répondu à nos sollicitations.

Source : La Provence
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Voir également la page Facebook  –  Comité Vérité, Justice et Dignité pour Zineb

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