Manifestations à Paris : les policiers sont «au bout du rouleau» (Mis à jour : communiqué du CAP IDF)

A la veille de la 46e manifestation des Gilets Jaunes, les policiers dénoncent «une fatigue physique et psychologique». Les syndicats appellent à une marche le 2 octobre.

ET2TVL7ZG7JXU32NE4XILMTMMEParis (VIIIe), samedi 21 septembre, lors de l’acte 45 des Gilets Jaunes sur les Champs-Eysées. LP/ Guillaume Georges

Ce vendredi après-midi, à 15 h 54, Eric*, motard de la police, ne savait pas encore s’il aurait son week-end libre avec sa famille. « On n’est pas à l’abri d’une remontée d’infos des RG (Renseignements Généraux, NDLR). Qui sait si mes chefs ne vont pas me rappeler dans une heure pour me mobiliser sur la 46e manifestation des Gilets jaunes de demain ? C’est devenu un grand classique ! »

Un «ras-le-bol général»

Mercredi prochain, Eric, qui affiche à son compteur 11 manifestations de Gilets jaunes, sera à la « marche nationale de la colère », à l’appel des syndicats policiers.

« C’est un ras-le-bol général », explique Yvan Assioma d’Alliance, le syndicat de police majoritaire. « Une énorme fatigue. On veut que ça s’arrête. On tire la sonnette d’alarme sur la dégradation de nos conditions de travail et sur l a vague de suicides chez les policiers. On demande des compensations et de la reconnaissance. »

18 heures non-stop et un panier repas

Eric, rattaché à la DOPC (Direction de l’ordre public et de la circulation) a été, lui, mobilisé sur des vacations lors des manifestations allant de 6 h 30 du matin à 22 h 30 le soir. « J’avais le casque sur la tête, le gilet pare-balles et pour ces 18 heures non-stop un seul panier repas » : un petit plat en barquette, des chips, une bouteille d’eau minérale et une compote.

Un seul panier repas pour une journée

DR

« Ces manifestations de Gilets jaunes ont été épuisantes, éprouvantes, dangereuses. C’est une fatigue physique et psychologique. L’administration nous traite comme des pions. Sans compter que ces mois de mobilisation ont mis à mal nos vies de famille. ».

«Au dernier moment, j’ai été réquisitionné»

Le week-end dernier, Stéphane*, policier en civil, rattaché lui à une unité de renseignement opérationnel, devait accompagner son fils à son entraînement de basket. Il était en congé. Il a dû renoncer. « Au dernier moment, j’ai été réquisitionné »… pour la marche pour le climat et la 45e manifestation des Gilets jaunes qui a mis la capitale sous tension avec le déploiement de black blocs. C’était son 23e week-end. « On n’était pas préparé à une telle violence. »

Stéphane, qui revendique « un métier de passion » et dit « souffrir du sentiment antiflic » s’est retrouvé coincé par des manifestants. « On se sent vulnérable. » Pourtant, le policier, confesse avoir en même temps un « sentiment de compassion pour les Gilets jaunes et leurs revendications ».

« Le problème, poursuit-il, c’est l’état-major de la préfecture de police de Paris. Ils n’ont pas le ressenti que nous avons sur le terrain. Ils sont dans leurs bureaux à suivre les manifestations avec les images de la vidéosurveillance. Pour eux, c’est comme un jeu vidéo ! » Le policier dénonce aussi « une pression ». « Sur les manifestations, on nous a poussés à verbaliser à tout-va, parfois à la limite de la légalité. Depuis quelques mois, on sent la politique derrière tout ça. On n’en peut plus. »

«Le ras-le-bol, ce n’est pas sur la mission de policier mais sur l’organisation»

« Paris a été mis lourdement à contribution ces 46 semaines sur le mouvement des Gilets jaunes et sur les manifestations en général », décrypte Yvan Assioma. Pourtant, le policier, secrétaire régional du syndicat Alliance à Paris, insiste sur un point : « Le ras-le-bol, ce n’est pas sur la mission de policier mais sur l’organisation ». Et de tacler la préfecture de police « qui n’hésite pas à décorer de médailles les hauts gradés mais donne le sentiment de n’avoir pas de reconnaissances pour les gardiens de la paix ».

Le 2 octobre prochain, Yvan Assioma sera à la marche de la colère, en début de cortège. « Il faut que ça s’arrête ».

Source : Le Parisien

Nous tenons pour responsables de notre état de santé déplorable, non pas les #giletsjaunes qui manifestent à la régulière pour la majeure partie d’entre eux, mais les pouvoirs publics, à savoir :
– Un #présidentdelaRépublique qui non seulement ne charge pas son gouvernement de répondre aux attentes des concitoyens mais prend les décisions qui attisent les rancœurs. Ses décisions sont contre-productives et prises à contre-sens de ce qu’attendent réellement les manifestants et une majorité du peuple.
– Des #préfets qui estiment disposer des forces nécessaires et perpétuelles pour mater la rébellion, souvent de très mauvaises façons. Incompétence suprême.
– Des autorités de voie publique qui excellent dans le zèle, parfois dans une panique de la masse en opposition qu’elles ont du mal à dissimuler.
– Et, bien-sûr et surtout, aux #syndicatsdepolicemajoritaires à qui nous disons depuis des mois que nos collègues vont craquer et partir encore plus en sucette dans leurs têtes et dans leurs actes si nous conservons ce rythme infernal des week-ends de rappels, de bitume, de violences, de gazs, de vacations interminables. Sans compter le boulot pourri qui est notre lot de la semaine.
Où sont ces représentants du personnel depuis que nous mettons en garde sur l’utilisation inacceptable des #fdo qui n’en peuvent plus ?
Rappels au service successifs, heures sup’ dont le nombre est faramineux, qui ne seront jamais payées même à coups de trique.
Les coups de tonfa c’est pour les autres en qui, disons-le, nous nous reconnaissons à l’exception notable de ces anti-flics qui veulent la castagne.
Notre état est lamentable, notre image est écornée. À qui la faute si ce n’est à ces responsables syndicaux qui se doivent de taper du poing sur la table de la #placeBauveau pour que chacun prenne enfin ses responsabilités dans un pays désordonné et sali sur la scène internationale.
Les arrêts de maladie se succèdent et s’amplifient dans les services, et personne ne veut établir les statistiques des dégâts occasionnés. On préfère taire la misère.
Bougez-vous le cul !! Les troupes n’en peuvent plus !
Courage et Prudence à nos sœurs et frères d’arme en cet #Acte46.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.