L’Indre en manque de gendarmes réservistes

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La semaine dernière, une patrouille de réservistes a assuré une mission de surveillance dans le centre-ville d’Issoudun

L’Indre compte 110 gendarmes réservistes. Un nombre insuffisant face aux besoins. Rencontre avec trois volontaires en mission de surveillance à Issoudun.

 Quand il quitte son uniforme de gendarme, Michael Madrolle, 39 ans, retrouve son quotidien. Dans la vie civile, il est cuisinier à l’hôpital d’Issoudun. Une vingtaine de jours par an, il se met à la disposition de la gendarmerie pour des missions de 24 heures.

Depuis trois ans, Michael Madrolle fait en effet partie des 110 gendarmes réservistes du département. Une fonction que cet ancien gendarme adjoint, revenu à la vie civile pour des raisons personnelles, assume avec fierté. « Avoir dû quitter la gendarmerie me laissait un goût d’inachevé dans ma vie. Alors, quand j’ai entendu parler du statut de réserviste, je n’ai pas hésité. Porter cet uniforme est valorisant. Ça me change de mon quotidien », explique Michael.

Des missions très diverses

Ce jour-là, à Issoudun, il fait équipe avec deux autres réservistes : un jeune candidat à une carrière de gendarme adjoint, qui voit dans ce statut un bon moyen de commencer à se former, et un ancien militaire. Tous trois ont pour mission de patrouiller à pied dans le centre-ville.
« Rien ne les distingue des gendarmes actifs, explique le colonel de réserve Patrick David. Ils ont le même uniforme et sont, eux aussi, armés. Auparavant, les réservistes étaient surtout convoqués en renfort dans les brigades. Mais, avec la recrudescence des cambriolages et de la délinquance, il est indispensable de renforcer la présence effective des gendarmes sur le terrain. Ils sont de plus en plus envoyés en missions de détachements de surveillance et d’intervention, en autonomie complète. »
« Sachant qu’une patrouille de gendarmes actifs n’est jamais très loin d’eux, prête à les appuyer rapidement en cas de besoin », précise le commandant Mondon, de la compagnie de gendarmerie d’Issoudun.
Comme les autres départements, l’Indre est en pleine campagne de sensibilisation sur le rôle de la réserve de gendarmerie, à l’occasion des Journées nationales du réserviste qui s’achèveront le 2 avril. « Nous avons vingt-quatre dossiers de jeunes volontaires en cours, mais ce n’est pas suffisant. Il nous faudrait un total d’au moins 158 réservistes. Pour 2016, les recrutements sont bouclés, mais les personnes intéressées peuvent déjà se positionner pour 2017 », poursuit le colonel David.
Il rappelle, au passage, l’étendue des missions des gendarmes réservistes. En tant qu’agents de police judiciaire adjoints, ils peuvent en effet participer à des services de prévention de proximité et de recueil du renseignement ; constater une infraction et en rendre compte à l’officier de police judiciaire ; effectuer des missions de police de la route et judiciaire ; constater des infractions au code de la route et contrôler l’alcoolémie.
« Il n’y a pas de profil particulier de réserviste. Plus ils viennent de milieux divers, plus c’est enrichissant pour nous car ils ont chacun une sensibilité et une vision différentes. L’important est d’être motivé et prêt à donner de son temps. »

pratique

> Les conditions pour devenir réserviste. Les moins de 30 ans doivent avoir participé à la Journée d’appel et de préparation à la Défense et avoir un casier judiciaire vierge. Ils passent un entretien préalable, une visite médicale, des tests psychotechniques et suivent une préparation militaire à Orléans pendant quinze jours. Tous les ans, les réservistes ont deux jours de formation continue axés sur l’intervention professionnelle et le tir.
Passés 30 ans, les candidats doivent être retraités de l’armée ou de la gendarmerie.
> Les candidatures. Les dossiers peuvent être téléchargés sur le site www.minotaur.fr
> Les chiffres. Dans l’Indre, l’âge moyen des réservistes est de 40 ans. Seulement 15 % des effectifs sont des femmes. En 2015 : les 110 réservistes ont effectué 2.279 jours d’activité, soit une vingtaine chacun en moyenne. Chaque période d’activité donne droit à une rémunération à la journée.

> Journée nationale du réserviste 2016, à la cité administrative de Châteauroux, mardi 29 mars, de 14 h à 16 h.

Source : La Nouvelle République

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