Les conseils de la gendarmerie d’Eure-et-Loir pour les seniors qui pourraient être victimes d’escrocs

Les conseils de la gendarmerie d'Eure-et-Loir pour les seniors qui pourraient être victimes d'escrocs

L’adjudant Nicolas Muzellec, référent sûreté en prévention, donne des conseils à une habitante d’Amilly. © Thierry DELAUNAY

L’adjudant Nicolas Muzellec est chargé de diffuser auprès des seniors des conseils pour éviter les vols par ruse.

Leur arme : le mensonge. Leur cible : les personnes âgées. Les imposteurs sévissent, mais il est difficile de quantifier leurs escroqueries, car les victimes, qui ont parfois honte, n’osent pas toujours porter plainte.

La gendarmerie du département a décidé d’enrayer ce phénomène en créant un poste de “référent sûreté en prévention de la malveillance et vidéoprotection”.

 Si vous le laissez entrer dans votre domicile, il est déjà trop tard, car il vous a mis en confiance

L’adjudant Nicolas Muzellec sensibilise les seniors en organisant des réunions dans leurs communes. Il distille des conseils afin d’éviter aux personnes vulnérables et crédules, d’être victimes de vol par ruse ou par fausse qualité. Avec une règle d’or :
« L’inconnu reste à la porte tant que vous n’avez pas vérifié les arguments de sa présence devant chez vous. Si vous le laissez entrer dans votre domicile, il est déjà trop tard, car il vous a mis en confiance. »

Tout employé doit pouvoir présenter un justificatif de son passage ou un ordre de mission s’il s’agit d’un plombier, d’un électricien, d’un agent des eaux ou d’un personnel du recensement. Et une carte professionnelle s’il s’agit d’un policier ou d’un gendarme : « C’est un format de carte bancaire. »

De beaux parleurs qui agissent sans menace

L’escroc est un beau parleur, il agit sans menace : « Soyez curieux. Posez des questions. Inversez le sentiment d’insécurité. »

Même rassuré sur sa qualité professionnelle, il faut garder un œil sur lui, une fois entré. S’ils sont plusieurs, l’un d’eux peut être là pour détourner l’attention pendant que l’autre fouille les pièces.

Choc psychologique

L’adjudant Nicolas Muzellec préconise d’autres réflexes : « Lorsque les gens partent, essayer de noter la marque du véhicule, sa couleur, un détail sur la carrosserie, son immatriculation et des détails physiques. Cela facilite l’enquête et peut nous permette de les arrêter avant d’autres vols par ruse. »

L’adjudant, qui forme actuellement quatorze correspondants sûreté de la gendarmerie, note que les victimes subissent un vrai choc psychologique après s’être fait dépouiller.

Stratagème. Les imposteurs redoublent d’idées pour s’emparer de bijoux et de numéraires chez les seniors. Le plus classique, c’est le faux électricien, plombier ou contrôleur des eaux. Il fouille la maison pendant qu’il ordonne à la victime de rester devant le compteur. Il y a le faux policier ou gendarme qui arrête le faux agent et demande à la victime de vérifier si on ne lui a pas dérobé ses valeurs. Il y a la fausse voisine qui demande à entrer car elle a oublié ses clefs. Le faux banquier qui téléphone avant de venir chez sa cliente. Une fausse malade qui veut entrer pour consulter l’annuaire, un parent avec son enfant qui souhaite un verre d’eau, ou encore le faux propriétaire de chat qui cherche son animal…

Thierry Delaunay

Source : L’écho Républicain

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