Le gendarme en permission a-t-il violemment frappé un artisan ?

Dimanche 23 février 2014, la police intervient à Boulogne pour une rixe sur la voie publique. Un homme explique avoir été agressé par un petit groupe après un incident de la circulation. Devant le tribunal, l’accusé, un gendarme, explique s’être simplement défendu.

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Sur place, ce 23 février à 21 h 20, la police trouve Philippe G., 44 ans, artisan. Il explique qu’il circulait au volant de sa camionnette quand un groupe de personnes a traversé la chaussée devant lui. Pour les éviter, il a déboîté à gauche. Un des individus a alors jeté un verre en plastique plein de pastis sur son pare-brise.

Demandant des explications, Philippe se serait fait insulter puis bousculer. Il veut alors remonter dans son véhicule mais deux hommes l’agrippent, tirent sur sa jambe, le frappent. Les ligaments croisés d’un de ses genoux cèdent.

Son fils, auquel il était en train de téléphoner le rejoint et est frappé à son tour. Des coups de poing sont échangés…

LE GENDARME ACCUSE LA POLICE…

Les policiers retrouvent un premier agresseur, mineur, qui donne l’identité d’un second, qui a pris la fuite. Ce dernier, Mickaël, 30 ans, s’avère être gendarme dans le sud de la France, en séjour dans sa famille. Interpellé chez lui, il est ivre (1,02 mg par litre d’air expiré).

Au tribunal, le doute s’insinue pourtant dans les esprits. Pour l’avocate de Mickaël, la procédure a été entachée de plusieurs irrégularités. Son client conteste notamment son taux d’alcoolémie et profère une accusation grave contre les policiers : ils lui auraient dit qu’ils allaient « briser sa carrière » lorsqu’ils ont appris qu’il était gendarme.

De plus, des dépositions n’auraient pas été prises en compte dans les PV selon les témoins – en général liés à sa famille – cités par Mickaël.

… PUIS LA VICTIME

Selon eux, Philippe G. roulait vite. Craignant que la camionnette ne renverse son père qui traversait la rue, Mickaël aurait empoigné ce dernier et lâché son verre. L’artisan n’aurait pas voulu entendre ses excuses, l’aurait insulté puis frappé. Mickaël n’aurait fait que lui rendre son coup de poing. Philippe G. aurait ensuite démarré puis serait revenu avec la volonté d’en découdre, aidé par son fils et un ami.

QU’EN PENSE LE TRIBUNAL ?

La procureure a requis 6 mois de prison pour Mickaël, « compte tenu des scènes de violence en réunion qui n’entrent pas dans le cadre de la légitime défense. »

« Oui, il est gendarme, oui il aurait dû faire preuve de sang-froid, mais l’erreur qu’il a commise a été de répondre par un seul coup de poing car il était agressé », a rétorqué l’avocate du prévenu, avant de souligner l’excellente réputation dont jouit ce militaire dans le cadre de ses fonctions.

Le tribunal, qui s’est étonné pendant l’audience que certains témoins « retrouvent soudainement la mémoire », a mis l’affaire en délibéré au 14 avril.

Source : La Voix du Nord

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