Le Cateau : la violente soirée d’un père et son fils finit en prison

Deux hommes ont été présentés au tribunal de Cambrai ce mardi en comparution immédiate. Dimanche, les gendarmes avaient dû intervenir au Cateau pour des faits de violences familiales et des dégradations. Ils ont reçu insultes, coups et menaces de mort.


Un jeu de l’oie pas drôle du tout 
: de la case gendarmerie à la case tribunal avant de finir en prison tous les deux.

Un jeu de l’oie pas drôle du tout : de la case gendarmerie à la case tribunal avant de finir en prison tous les deux.

« C’est un duo de choc que nous avons là ! », commente l’avocat de la partie civile. Et encore, c’est un euphémisme. Le père, 38 ans, et le fils, 20 ans, comparaissent pour violences, dégradations, ivresse manifeste et outrages à agents dans l’exercice de leur fonction.

Les faits se sont produits au Cateau, le dimanche 10 mai. Johny Van Audenhove et son fils Matthieu s’alcoolisent par le biais du jeu de capsules (le cap’s). Le père est hébergé par sa sœur depuis sa sortie de cure de désintoxication à l’alcool. Cette dernière s’est rendue à une communion, laissant son fils de 14 ans sous la garde de son frère.

Pour une obscure histoire de téléphone, les esprits s’échauffent, les insultes fusent et le fils de la sœur du prévenu s’enfuit à vélo. Johny Van Audenhove le poursuit dans les rues du Cateau, menaçant. Un homme tente d’intervenir, il sera gratifié d’un coup de poing sur le pare-brise de son camion, qui finira fendu. C’est dire la violence du coup porté.

Le camionneur poursuit alors sa route, et le jeune, effrayé, le suit jusque chez lui pour s’y réfugier. L’homme appelle la gendarmerie à la rescousse.

La mère du jeune à vélo revient précipitamment chez elle et ne peut que constater les dégâts causés dans la maison (mobilier et appareils électroménagers cassés). Elle y trouve également son frère hystérique, alcoolisé et sous Subutex, traitement de substitution à l’héroïne. Aidée d’autres membres de la famille, elle tente d’intervenir. Tous essuieront insultes et coups.

À l’arrivée des gendarmes, des badauds sont regroupés dans la rue, paniqués. Au début, le père ne résiste pas lors de son interpellation. Puis, subitement il voit rouge : « J’ai pété un plomb quand j’ai vu mon fils menotté au sol ». C’est à ce moment que les choses dérapent : les gendarmes devront essuyer insultes, coups et menaces de mort. Coup de pied dans le thorax d’un gendarme, coup de boule évité de justesse, etc. Le taux d’alcoolémie du père est de 0,46 g/l de sang, celui du fils de 0,79 g/l. Tous deux reconnaissent les faits. Du moins ceux dont ils se souviennent. Ni l’un ni l’autre ne semble réaliser la gravité de leurs actes. Matthieu ira jusqu’à ricaner bêtement. Il sera vite rappelé à l’ordre. Les casiers des deux prévenus sont longs comme le bras. Le fils est soigné pour alcoolisme profond depuis ses 11 ans.

Le procureur se dit pessimiste. « Je suis consterné par les faits. Il faut mettre la société à l’abri de ces dangereux individus. » Le père écope de deux ans ferme, le fils de 18 mois dont 10 avec sursis et mise à l’épreuve de deux ans, obligation de travailler et de soins pour l’alcool. Les différentes victimes seront indemnisées.

Source : La Voix du Nord

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