“Il appartient au chef, à tous les échelons, de veiller aux intérêts de ses subordonnés”

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Article L4121-4 du Code de la Défense

 

 L’exercice du droit de grève est incompatible avec l’état militaire.

L’existence de groupements professionnels militaires à caractère syndical ainsi que l’adhésion des militaires en activité de service à des groupements professionnels sont incompatibles avec les règles de la discipline militaire.

Il appartient au chef, à tous les échelons, de veiller aux intérêts de ses subordonnés et de rendre compte, par la voie hiérarchique, de tout problème de caractère général qui parviendrait à sa connaissance.

 

Merveilleux article du code de la défense, infantilisant à souhait…

 

 

Ne pensez plus à rien !!!  «Réfléchir c’est commencer à désobéir », vos chefs veillent sur vous !!! Ils veillent à vos intérêts… Pourquoi donc vous soucier ? Faites leur confiance !!! C’est écrit dans le code.

 

 

Voila ce que m’inspire l’article L4121-4 du code de la défense à la lecture de ce drame qui vient de se nouer à Belfort :  « Belfort : un gendarme s’immole devant le tribunal » Voir la vidéo, en particulier la seconde partie …

 

 

Un gendarme de 44 ans est accusé de vol et placé en garde à vue pour les besoins de l’enquête (il semblerait que ce gendarme soit du grade d’adjudant-chef).

 

 

Dans cette enquête il m’importe peu de savoir s’il est coupable ou non des faits de vol qui lui sont reprochés. Ce qui m’importe c’est que, encore une fois, la présomption d’innocence n’a pas été respectée.

 

Avant qu’il ne soit reconnu coupable et condamné par un tribunal, l’intéressé est exclu de la Gendarmerie. Les « menaces » de se suicider qu’il avait publiquement exprimées n’ont pas été prises en compte, pourtant elles auraient justifié un placement en CLDM (congé longue durée pour maladie).

 

 

Mais non, on exclut ce gendarme avant que l’irréparable ne soit commis, avant même que sa culpabilité ne soit démontrée et reconnue. L’honneur, la carrière et la famille de ce gendarme n’a pas été pris en compte, on exclut, non pas pour le protéger  tel que dit dans le code de la défense, mais pour se protéger de lui…

 

 

Si vraiment le code de la défense veillait aux intérêts des subordonnés, ce drame n’aurait pas du avoir lieu. Ce Gendarme et non pas ex-gendarme comme si facilement repris dans la presse, n’aurait pas été condamné par sa hiérarchie avant un jugement juste et équitable.

 

 

Cette manière de faire de la hiérarchie ne peut m’empêcher de penser à une autre affaire relatée ici même et concernant le suicide d’un Lieutenant.

 

 

Si l’Article L4121-4 du Code de la Défense réussit si bien à museler les gendarmes et les militaires dans leurs droits fondamentaux, la question est : “réussit-il aussi a museler les consciences ?”

 

 

Car sincèrement, quelque soit son grade,  je ne changerai pas ma place contre la place de celui ou celle qui a prit la décision d’exclure notre camarade.

 

 

Ronald Guillaumont

 

 

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