Harpie qui déchante : la note explosive du patron de la gendarmerie !

Harpie qui déchante : la note explosive du patron de la gendarmerie !

 

 

 

 

Exclusif : une note du patron de la gendarmerie de Guyane -que Guyaweb s’est procurée- pourrait provoquer quelques déflagrations.

Le général Lambert Lucas y diagnostique l’impuissance (actuelle) de l’opération Harpie en matière de lutte contre l’orpaillage clandestin en Guyane. Les termes de sa note sont sans ambiguïté : “Il est désormais illusoire de prétendre que l’opération Harpie (…) puisse aujourd’hui s’opposer ou même contenir l’afflux massif d’orpailleurs illégaux sur le sol guyanais”.

Cette note du commandant de la gendarmerie en Guyane, en poste depuis juillet dernier, est un contre-pied absolu aux objectifs affichés de l’opération Harpie depuis 2008 : éradiquer l’orpaillage illégal dans un premier temps avec le fameux “cela prendra le temps qu’il faudra” de Nicolas Sarkozy lançant l’opération en février 2008 à Camopi. Elle constitue même un démenti cinglant à cet objectif sensiblement revu à la baisse depuis : ” maîtriser l’orpaillage clandestin” était en effet devenu l’objectif plus raisonnable avancé par les autorités ces dernières années.

Le patron de la gendarmerie indique donc que les autorités ne sont plus, aujourd’hui “capables” ne serait-ce que de simplement “maîtriser” cet orpaillage sauvage qui concernerait une dizaine de milliers d’hommes dans la forêt guyanaise. Cette sentence du chef aurait fait grincer des dents au sein même de la gendarmerie de Guyane où des familles ont payé un lourd tribut, ces dernières années, à cette opération de lutte contre l’activité aurifère illicite.

De source bien informée, la vulnérabilité actuelle du dispositif Harpie trouverait son explication dans une diminution des moyens : en moins de deux ans, sur environ 475 gendarmes mobiles engagés dans la forêt guyanaise, 126 en ont été retirés pour être réaffectés sur le littoral afin d’y faire face à une délinquance plus visible selon le citadin.

Au regard de ces réalités, l’Etat ne sera plus crédible en continuant à soutenir qu’il met actuellement tous les moyens en œuvre en Guyane dans la lutte contre cette activité illicite et destructrice d’un environnement précieux. Sauf à sortir de son chapeau une nouvelle stratégie inédite et indéniablement plus efficace contre cette production d’or illégale estimée à 10 tonnes par an. Les gouvernements successifs s’y sont cassé les dents depuis les deux décennies de cette nouvelle ruée vers l’or.

Le patron de la gendarmerie, lui, prône désormais la création d’une société minière guyanaise (SMG) implantée sur différentes zones à potentiel aurifère. Une société “dans laquelle l’État serait majoritaire” précise-t-il dans sa note.

Selon nos informations, le sénateur Jean-Etienne Antoinette (également maire de Kourou) s’est d’ailleurs appuyé sur cette note du général pour présenter très récemment un projet similaire à Paris.

Les autorités de la gendarmerie ne souhaitaient pas vraiment qu’une telle note soit révélée par un média. On les comprend ! – © archives-MB

A la tête de la gendarmerie de Guyane depuis juillet dernier, le général Lambert Lucas a d’ores et déjà des idées bien arrêtées sur l’activité minière de ce département français d’Amérique du Sud. Morceaux choisis d’une note du commandant de la gendarmerie en Guyane que les autorités concernées ne souhaitaient pas vraiment voir révélée dans la presse. Loupé !

Lutte contre l’orpaillage clandestin :la reddition de Harpie

L’avis du général sur l’opération Harpie : voilà sans doute le contenu le plus explosif de la note de l’intéressé, même si celle-ci contient d’autres pépites pour ne pas parler de perles. Au bout de quelques mois, à peine, passés en Guyane, le nouveau commandant de la gendarmerie ne semble plus du tout croire en l’efficacité de l’opération Harpie. Il l’écrit à sa manière mais sans ambiguïté : “les filières brésiliennes clandestines d’extraction d’or illégal se sont fortement structurées. Il est désormais illusoire de prétendre que l’opération Harpie dont les succès initiaux furent réels, puisse désormais s’opposer voire même contenir l’afflux massif d’orpailleurs illégaux sur le sol guyanais.” Le général va même plus loin : “Il est patent que les objectifs fixés en 2010 lors de l’installation de l’opération Harpie de manière pérenne ne pouvaient être atteints.” Autrement dit,  les objectifs affichés cette année-là étaient au mieux un effet d’annonce sans fondement voire un voeu pieux et, au pire -en illustrant familièrement mon propos à l’aide d’un instrument militaire- de la trompette.

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