Harcèlement moral d’un gendarme : L’État a été condamné

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La justice administrative a condamné l’État pour le harcèlement d’un gendarme qui se plaignait de violences verbales et psychologiques qu’il a subies entre 2015 et 2017.

Le tribunal administratif de Strasbourg a condamné l’État pour le « harcèlement moral » subi par un gendarme de la brigade d’Hochfelden (Bas-Rhin), contredisant ainsi les conclusions d’une enquête de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN). Le militaire, âgé d’une trentaine d’années, se plaignait de violences verbales et psychologiques commises par deux supérieurs hiérarchiques entre 2015 et 2017.

Dans sa décision, datée du 19 octobre et révélée par France 3, le tribunal administratif fait état d’une « réelle volonté de mise à l’écart » du militaire de la part de ses responsables, et de « propos dénigrants » qui « excèdent l’exercice normal du pouvoir hiérarchique ».

Les magistrats soulignent également la « réelle animosité » et « l’intention de nuire » qui animaient les deux supérieurs du gendarme. À l’inverse, ce dernier ne « s’est jamais départi d’une attitude respectueuse à l’égard de sa hiérarchie », comme l’ont attesté plusieurs de ses collègues.

Compte tenu du « caractère personnel et réitéré » de ces agissements, le tribunal a conclu à l’existence d’un « harcèlement moral » et condamné l’État à verser 5 000 euros au gendarme, en réparation du préjudice moral. Une enquête administrative, menée par l’IGGN à la suite d’un signalement sur la plateforme gouvernementale « Stop Discri », avait précédemment conclu à « l’absence de faits constitutifs de harcèlement ».

La décision du tribunal « est très satisfaisante, car il est particulièrement difficile d’aller au bout des actions et de faire reconnaître les cas de harcèlement chez les militaires », a déclaré Elodie Maumont, l’avocate du gendarme. Sollicités, les groupements régionaux et départementaux de la gendarmerie n’ont pas été en mesure d’indiquer si des mesures disciplinaires avaient été prises à l’encontre des supérieurs hiérarchiques mis en cause. Selon Me Maumont, aucune procédure n’a été engagée à leur encontre.

Source : Actu Forces de l’ordre

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