Gérard Collomb veut «pouvoir muter et radier un fonctionnaire radicalisé»

French Interior Minister Gerard Collomb attends a meeting with prefects at the Elysee Palace in Paris

«La mesure concernera les policiers, les gendarmes, les militaires, les douaniers et le personnel pénitentiaire», détaille le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb. POOL/REUTERS

Le ministre de l’Intérieur veut renforcer le projet de loi antiterroriste en permettant d’écarter les fonctionnaires ou militaires «les plus engagés dans la sécurité» s’il pèse sur eux des soupçons de dérive radicale.

Remuscler la loi antiterroriste qui va repasser la semaine prochaine en débat à l’Assemblée nationale, voilà l’ambition de Gérard Collomb. Dans une interview dimanche au Parisien , le ministre de l’Intérieur détaille plusieurs mesures, dont sa volonté de revenir à un pointage quotidien des personnes assignées à résidence, quand le Sénat les avait limités à trois par semaine. Mais il concentre surtout ses annonces sur le renforcement du contrôle «des agents qui ont des missions de sécurité et de défense».

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La loi permet déjà de faire un «criblage», c’est-à-dire «un passage dans tous les fichiers» des candidats à la police, la gendarmerie ou l’armée. Mais le ministre souhaite pouvoir étendre ce contrôle tout au long de la carrière du fonctionnaire, notamment en consultant le FSPRT (fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste) en cas de suspicion de radicalisation.

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20.000 «fichés S» en France

Gérard Collomb veut surtout pouvoir écarter les fonctionnaires ou militaires «les plus engagés dans la sécurité» s’il pèse sur eux des soupçons de dérive radicale. «Il faut pouvoir muter et radier un fonctionnaire radicalisé lorsqu’il exerce des missions de souveraineté ou un métier en lien avec la sécurité. La mesure concernera les policiers, les gendarmes, les militaires, les douaniers et le personnel pénitentiaire», détaille Gérard Collomb. Cela concernerait «quelques dizaines de situations» qui font déjà «l’objet d’un suivi».

«Le texte se limite aux individus pour lesquels il y a des raisons sérieuses de penser que leur comportement constitue une menace en raison de leur lien avec des organisations terroristes.»

Gérard Collomb, ministre de l’Intérieur.

Par cette loi, le ministre se défend d’entrer dans une logique de suspicion généralisée. «Le texte se limite aux individus pour lesquels il y a des raisons sérieuses de penser que leur comportement constitue une menace en raison de leur lien avec des organisations terroristes. Ce n’est pas Monsieur Tout- le-Monde», explique-t-il.

Parmi les 20.000 «fichés S» en France, difficile de savoir combien d’entre eux travaillent dans des services potentiellement sensibles. L’un des kamikazes de l’attentat du Bataclan avait travaillé à la RATP. Dans la gendarmerie, le général Richard Lizurey avait admis en octobre 2016 avoir identifié «une dizaine de cas» sur 125.000 personnes, qui avaient été «démarmorcés à temps». À la même période, parmi les surveillants de prison, des sources syndicales évoquaient «10 à trente cas» sur les 27.000 surveillants pénitentiaires travaillant en France. Il s’agit «le plus souvent d’agents ne respectant pas leur devoir de neutralité, en refusant par exemple de saluer des collègues féminines par conviction religieuse», précisait alors le ministère de la Justice.

Les aéroports et les transports publics ne sont pas épargnés. À la suite des attentats de novembre 2015, le PDG d’Aéroports de Paris, Augustin de Romanet, expliquait que «près de 70 badges» d’agents sur les 85.000 qui travaillent dans les zones les plus sécurisées de Roissy et Orly avaient été retirés depuis le début de l’année, notamment pour «des phénomènes de radicalisation». À la SNCF, le PDG Guillaume Pépy relevait en janvier 2016 une dizaine de cas de radicalisation en un an. «Nous n’avons pas accès aux fiches S car nous ne sommes pas habilités ‘confidentiel défense’. Lorsque les services de lutte antiterroriste repèrent quelqu’un qui est à la SNCF, ils ne nous donnent pas la fiche S, mais ils nous donnent l’information que telle ou telle personne doit faire l’objet d’une “mesure particulière”, entre guillemets», selon Guillaume Pepy. Une fois l’information reçue, la direction de la SNCF évalue si le poste occupé par l’individu en question peut poser des questions de sécurité, s’il est conducteur de train, à un poste d’aiguillage ou agent de sécurité armé. Dans ce cas, «on change les gens de job. On ne les licencie pas car sinon ce serait un puissant incitatif à la radicalisation. À la RATP, enfin, «une quarantaine de cas» auraient fait l’objet de signalement, «soit 0,1 % des 45.000 agents de la RATP en Ile-de-France», selon l’entreprise.

Source : Le Figaro

2017-09-11 OF(1)

Source : Ouest-France

 

bandeau APG

Note de la rédaction de Profession-Gendarme : Les gendarmes étant rattachés au ministère de l’Intérieur pour emploi, ceux-ci en tant que militaires, tout comme leurs camarades des autres armées, restent attachés administrativement au ministère des Armées (anciennement ministère de la défense). 

Si des mesures de radiation devaient être prises elles ne pourraient l’être que par le ministère des Armées…

 

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