Gendarmerie. Le colonel Bras forme l’élite


Châteaulin. Les Cobras de Ty Vougeret à l… par Letelegramme

Après avoir passé une bonne partie de sa carrière en Bretagne, le colonel Stéphane Bras a pris, il y a quelques mois, les rênes du prestigieux Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie, à Saint-Astier (24). Spécialisé dans le maintien de l’ordre, il forme entre 13.000 et 15.000 stagiaires par an.

Certes, il est né en région parisienne, il y a 47 ans, « dans une famille d’ouvriers ». Mais le colonel Stéphane Bras, qui commande depuis l’été dernier le Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie (CNEFG) de Saint-Astier, en Dordogne, n’en demeure pas moins un Breton d’adoption. Ce Saint-Cyrien formé à l’école des officiers de la gendarmerie de Melun (Seine-et-Marne), après un passage de cinq ans dans l’armée de Terre, a en effet noué de solides liens avec la région.

Propriétaire d’une maison dans le Sud-Finistère et ayant de la famille du côté de Questembert (56), le militaire a surtout sillonné trois des quatre départements bretons ces dernières années. Tout en grimpant dans la hiérarchie. Après avoir commandé la compagnie de gendarmerie de Lorient, entre 2001 et 2004, l’homme a ainsi pris les rênes du groupement régional de gendarmerie mobile, à Rennes, entre 2007 et 2011. Période au cours de laquelle il a notamment accompli une mission de sept mois en Afghanistan, avec l’escadron de Pontivy (56), afin de former les policiers afghans au maintien de l’ordre. Enfin, c’est de Quimper que le colonel Bras a piloté le groupement de gendarmerie du Finistère (six compagnies), entre 2011 et 2015.

« Je garde de très bons souvenirs du Finistère. C’est un département attachant, bien qu’un peu turbulent », confie le colonel Bras, évoquant « une période riche ».

L’épisode des bonnets rouges

Au niveau de certaines affaires judiciaires, de l’encadrement de visites importantes ou de la sécurité des festivals tels que les Vieilles Charrues ou Le Bout du Monde. « Mais ce qui m’a le plus marqué, reprend l’officier, c’est la gestion de l’épisode des bonnets rouges et des portiques écotaxe. Disons que ça m’a bien préparé à devenir chef de corps à Saint-Astier ». Le CNEFG, labellisé centre d’excellence européen, étant réputé dans le monde entier pour son savoir-faire en matière de rétablissement de l’ordre public…

Créé au lendemain des événements de Mai 68, sur une ancienne base de l’Armée de l’air, dans le but d’uniformiser l’entraînement des escadrons de gendarmerie mobile, « ce centre à la capacité de 900 lits forme entre 13.000 et 15.000 stagiaires par an », indique celui qui, avant de poser ses valises à quelques kilomètres au sud-ouest de Périgueux, sous des latitudes bien plus clémentes qu’en Bretagne, a suivi un an de formation au centre des hautes études militaires, à Paris, aux côtés d’une vingtaine d’autres colonels de différentes armes promis aux plus hautes fonctions.

« Le gendarme agit comme il s’entraîne… Il doit s’entraîner comme il veut agir ». Telle est la devise de la caserne Général Dupuy, à Saint-Astier, qui voit passer en son sein l’intégralité des élèves officiers et sous-officiers des différentes écoles de gendarmerie du pays. À l’instar des Cobras de la 5e compagnie d’instruction de Ty Vougeret (Châteaulin), qui ont été formés au maintien de l’ordre pendant une semaine, en début de mois, sur les trois pôles de ce centre de 140 hectares. Notamment dans les rues de cette ville reconstituée servant à s’entraîner à la gestion de toutes sortes d’interventions, y compris aux situations insurrectionnelles.

« Très proche de la réalité »

« C’est vraiment très proche de la réalité, assure le colonel Bras. Surtout pour le recyclage des escadrons que nous accueillons également ici. Car nous réactualisons régulièrement les thèmes. Depuis deux ans, nous travaillons, par exemple, sur des attaques terroristes, des tueries de masse, ou encore le maintien de l’ordre en zone rurale, du type ZAD de Notre-Dame-des-Landes ».

Le CNEFG de Saint-Astier est également spécialisé dans l’intervention professionnelle depuis une quinzaine d’années. « Maîtrise avec ou sans armes, tactique d’intervention, franchissement opérationnel… Nous formons les formateurs. Environ 320 par an », explique Stéphane Bras, à la tête de 210 personnels permanents (civils et militaires).

Les Marines deux fois par an

Jumelé avec la Gardia Civil de Logroño (Espagne) et la gendarmerie d’Ochiuri (Roumanie), le CNEFG du colonel Bras forme aussi des unités étrangères, dont les Marines américains qui séjournent deux fois par an à Saint-Astier. C’est dire son expertise…

« Nous recevons également les Cadets suisses, des stagiaires saoudiens, jordaniens… », commente le militaire. Qui précise que le centre organise, par ailleurs, des formations à destination du corps préfectoral, des élèves de l’école nationale de la magistrature, des douaniers, policiers ou encore des agents de sûreté ferroviaire de la SNCF. Et dans le cadre d’un partenariat avec l’Éducation nationale, les directeurs académiques et chefs d’établissements scolaires viennent depuis deux ans en Dordogne pour se former à la gestion de crise en cas d’attentat.

« Commander un tel centre est une expérience extrêmement enrichissante », souffle Stéphane Bras. Fatigante aussi, sans doute. Quelques semaines de vacances en terres bretonnes, cet été, ne seront sans pas de trop pour repartir du bon pied en septembre.

Source : Le Télégramme

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