Forbach : la police montre son ras-le-bol

Ce mercredi 19 décembre, à l’appel de leur intersyndicale, les policiers de Forbach ont réalisé une opération coup de poing. À 15 h, ils sont sortis devant le commissariat et ont exprimé leur ras-le-bol et leurs revendications.

l-intersyndicale-(unite-sgp-fo-police-alliance-police-et-unsa-police)-a-rassemble-une-trentaine-de-policiers-devant-le-commissariat-de-forbach-son-but-denoncer-le-ras-le-bol-general-des-fonctionnaires-photo-ep-1545231471L’intersyndicale (Unité SGP-FO police, Alliance police et Unsa police) a rassemblé une trentaine de policiers devant le commissariat de Forbach. Son but : dénoncer le ras-le-bol général des fonctionnaires. Photo EP

Ils étaient une petite trentaine à s’être rassemblés devant le commissariat et à en bloquer l’accès quelques minutes, ce mercredi 19 décembre. À 15 h, les policiers de Forbach, tous services confondus, ont dénoncé leurs conditions de travail et exprimé leurs revendications, alors que les représentants syndicaux nationaux étaient encore en discussion avec Christophe Castaner, ministre de l’Intérieur.

Manque de matériel de sécurité

« Nous sommes très inquiets face à l’annonce des coupes budgétaires du ministère de l’Intérieur en 2019. Elles prévoient 62 millions d’euros en moins. C’est inacceptable, explique Andrea Scivoli, adjoint départemental d’Alliance police nationale. Nous manquons cruellement de matériel pour exercer notre profession en toute sécurité. À titre d’exemple, nos casques ont plus de 15 ans. Nous n’avons pas de jambières pour nous protéger. Nous partons sur des missions de sécurité publique comme les manifestations de Gilets jaunes ou les attaques terroristes en risquant réellement notre vie. »

Le manque d’effectifs dans les commissariats est également dénoncé. « Forbach est en zone de sécurité prioritaire. On nous avait promis du personnel en plus mais personne n’est venu, soutient Christian Greffe, membre d’Unité SGP FO police. Pour gérer la crise des Gilets jaunes, nous avons puisé dans toutes les forces possibles. Nos collègues de l’investigation étaient sur le terrain mais sans être formés à la sécurité publique. La police aux frontières a même assuré des missions de police secours. »

Lassés de « prendre des coups »

Et ce n’est pas la prime de 300 € proposée par l’État aux policiers qui sont intervenus sur les Gilets jaunes qui pourra apaiser la colère de l’intersyndicale. « Déjà, c’est un pansement sur une jambe de bois. Et puis, pendant que des collègues étaient sur les manifestations, les autres ont tout autant travaillé pour assurer les missions du quotidien. C’est injuste », assure Andrea Scivoli.

Lassés de « prendre des coups au propre comme au figuré », lassés de n’avoir pas eu de revalorisation de leur salaire depuis des années », lassés « d’être payés 97 centimes de l’heure la nuit et de savoir que l’État nous doit 275 millions d’heures supplémentaires », les policiers s’estiment « au point de rupture » et promettent « d’autres actions si les négociations en cours ne sont satisfaisantes. »

Source : Le Républicain Lorrain

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