Elio Darmon, dernier témoin de l’assassinat de Robert Boulin, retrouvé mort – Coïncidence ou élimination ? (2 vidéos)

Ce 1er avril 2026, Elio Darmon, 78 ans, a rendu l’âme dans son domicile de Brandérion (Morbihan). Ancien truand, ancien membre du SAC – cette milice gaulliste spécialisée dans les basses œuvres –, il était surtout le dernier témoin capable d’ébranler la version officielle du suicide de Robert Boulin, ministre du Travail retrouvé noyé dans 50 cm d’eau en 1979. Sa mort, quelques mois après une tentative d’intimidation par balles, relance les spéculations… ou les enterre définitivement.

Elio Darmon savait qui avait tué Robert Boulin. Aujourd’hui, il ne parlera plus.

Le récit qui dérangeait

En 2022, après quarante ans de silence, Darmon avait enfin parlé. Devant la juge d’instruction, il avait décrit une scène glaçante : fin 1979, dans un bar louche, des membres du SAC – dont Pierre Debizet, patron historique de l’officine, et le gangster Jean-Pierre Maione-Libaude – évoquaient la « gestion » du ministre Boulin. « Il a fait un arrêt cardiaque… dans la panique, on l’a balancé dans un étang. » L’ordre venait « du patron », c’est-à-dire Charles Pasqua, alors proche de Jacques Chirac. Objectif : étouffer des dossiers explosifs (scandales immobiliers, Françafrique, pressions politiques).

Ce témoignage, repris dans le documentaire Affaire Boulin : la piste Chirac (Off Investigation), avait relancé une instruction sur le point d’être classée sans suite. Mais Darmon, auditionné en 2023, n’aura pas vécu assez longtemps pour voir la vérité éclater.

Un passé qui rattrape… ou qui élimine ?

Darmon n’était pas un enfant de chœur. Ancien du SAC, il côtoyait barbouzes et truands, ces soldats de l’ombre du gaullisme. En août 2025, trois coups de feu avaient déjà visé son domicile. « Je n’ai pas d’ennemis », avait-il ironisé. Le 1er avril 2026, on l’a retrouvé mort dans son lit. Le parquet de Lorient ouvre une enquête pour « rechercher les causes du décès » – une formule qui, en langage judiciaire, signifie souvent : « On ne sait rien, on ne veut rien savoir ».

Aucune piste n’est officiellement écartée, mais personne ne parle d’homicide. Pourtant, les « coïncidences » s’accumulent : Darmon meurt alors que l’affaire Boulin semblait à nouveau s’endormir.

Boulin, Darmon : même combat ?

Le 30 octobre 1979, Robert Boulin était retrouvé noyé dans un étang de Rambouillet, barbituriques et alcool dans le sang. Suicide, avait conclu l’enquête, malgré les hématomes inexpliqués, les lettres posthumes suspectes, et un corps visiblement déplacé. Sa famille n’a jamais cru à cette version. Les bocaux contenant les poumons ont été volés, ce qui ne permet plus de vérifier s’ils contenaient de l’eau, et donc s’il y a bien eu noyade. Pendant des décennies, on a évoqué une vengeance politique, un chantage, ou l’implication des réseaux gaullistes hostiles à Boulin – un homme qui en savait trop sur les combines de l’époque.

Le témoignage de Darmon, en 2022, avait redonné un semblant d’espoir. Aujourd’hui, son silence définitif pose une question glaçante : et si la vérité était tout simplement ingérable ?


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La protection des témoins : une blague française

Le Parquet n’a toujours pas communiqué sur les circonstances de la mort de Darmon. Autopsie ? Toxicologie ? Mystère. Son avocate, Me Najwa El Haïté, s’est contentée de confirmer le décès. « On ne touche pas aux témoins », clament les textes. Dans les faits, la République a une drôle de façon de les protéger : elle les laisse mourir.

À 78 ans, Darmon avait choisi de parler au crépuscule de sa vie. Son dernier souffle laisse un vide dans un dossier qui, après 47 ans, continue de pourrir les consciences. L’enquête sur sa mort, comme celle sur Boulin, reste « ouverte ». Autrement dit : on attendra que tout le monde soit mort pour classer l’affaire.

par Yoann

Source : Le Média en 4-4-2

AFFAIRE BOULIN : la piste Chirac | Documentaire | OFF

Off Investigation

Sortie le 10 janv. 2026 #chirac#pasqua#corruption 🔎 Le 30 octobre 1979, le corps de Robert Boulin, ministre du travail du président Valéry Giscard d’Estaing, est retrouvé sans vie dans un étang des Yvelines. Avant toute enquête, les autorités et la télévision d’État martèlent qu’il se serait « suicidé » en se jetant dans 50 cm d’eau. Mais plusieurs éléments matériels vont bientôt démontrer que ce gaulliste très respecté, qui s’apprêtait à dénoncer la corruption du clan Chirac (alors à la tête du RPR) a en réalité été victime d’un meurtre. Révélations sur le plus grand scandale politique de la Vème République. ✅ Pour que nos prochaines enquêtes puissent exister, nous n’avons que vous ! ➡️ Faire un don : https://www.off-investigation.fr/sout… ➡️ S’abonner (6,90€ /mois, sans engagement) : https://www.off-investigation.fr/abon… ℹ️🔏 L’abonnement à off-investigation.fr vous donne accès à tous les documentaires deux semaines avant leur sortie YouTube ainsi qu’à tous nos articles et révélations à l’écrit. ©️ Crédits : Réalisation : Jean-Baptiste Rivoire Montage : Bérénice Sevestre Documentation et tournages : Valentin Wender Dessins & illustrations : Arnaud Bétend Graphisme : Kilian le Dantec Promotion et crowdfunding : Paul Saisset (Sans Tête) et Mélina Zafiropoulos Crédits photo : AFP Web designer : Mathilde Rivoire Générique : Simon Dronet Étalonnage : Fred Fleureau Production : Off Investigation Remerciements : Benoît Collombat (Directeur de la cellule investigation de Radio France, auteur de « Un homme à abattre » (Fayard, Paris, 2007), Bernard Nicolas (journaliste indépendant), Michel Despratx (journaliste indépendant)

Source : Youtube

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