François Dubois : droit de réponse adressé à France 3 Nouvelle Aquitaine et FranceInfo

François Dubois


À la suite du reportage diffusé par France 3 Nouvelle Aquitaine et relayé par écrit par FranceInfo concernant ma candidature à Aubazine (19190), il me paraît nécessaire faire valoir mon droit de réponse et d’apporter plusieurs précisions tant la construction de ce sujet interroge.


Le reportage débute par une formule qui donne immédiatement le ton : je suis présenté comme « un personnage dont le profil interroge certains habitants ». Cette introduction installe d’emblée un climat de suspicion autour de ma candidature.

Dans la séquence suivante, la parole est donnée à un habitant du village, présenté comme un simple Aubazinois. Il s’agit de M. Raphaël Bouysset, qui intervient pendant près de trente secondes — soit une part importante d’un reportage de deux minutes trente. Il explique « ne pas décolérer », évoque des éléments qui « l’ulcèrent » et conclut en assimilant mes positions à cette affirmation insultante selon laquelle « la Terre serait plate ».

Ce que le reportage ne précise pas, c’est que cette personne est connue localement pour son engagement public en faveur du maire sortant, M. Bernard Larbre. Elle a notamment animé la réunion publique de ce dernier durant la campagne municipale, devant de nombreux témoins. Cette information aurait permis aux téléspectateurs de situer clairement la nature de cette intervention.


Le reportage enchaîne ensuite pendant près de quarante-cinq secondes sur une séquence consacrée à Alain Soral et à l’association Égalité et Réconciliation, avec l’intervention d’un universitaire présenté comme « expert du complotisme ». Il y est question de thèses de « complot juif mondial » attribuées à Alain Soral, et il est ensuite précisé que j’ai effectué plusieurs interventions sur cette plateforme.


La juxtaposition de ces éléments produit un effet rhétorique évident : sans jamais formuler d’accusation directe, elle conduit le spectateur à établir lui-même un rapprochement implicite entre ladite thèse « du complot juif mondial » et ma personne. Ou l’art d’essentialiser.

Ce procédé, bien connu dans l’analyse des médias, consiste à suggérer par association plutôt qu’à affirmer explicitement. Il crée un biais d’interprétation qui ne correspond ni à la réalité ni à la complexité de mes travaux et de mes prises de position publiques.


Le sujet se poursuit ensuite avec l’intervention du maire sortant, avant de conclure en rappelant que je n’aurais pas répondu aux sollicitations du journaliste.
Sur un reportage de deux minutes trente, près d’une minute cinquante-cinq sont ainsi consacrées à des éléments négatifs ou polémiques me concernant. À l’inverse, le démenti que j’ai publié durant la campagne face à des accusations graves est mentionné en quelques secondes seulement.


Ce déséquilibre pose une question simple : s’agit-il encore d’informer ou bien d’orienter ?


Il est également frappant de constater que les enjeux municipaux eux-mêmes sont quasiment absents du reportage. Les téléspectateurs n’y apprendront presque rien sur les projets pour Aubazine, sur les propositions des candidats ou sur les débat qui concernent l’avenir de la commune.


Dans une période électorale, ce choix éditorial est regrettable. Les habitants d’Aubazine méritaient un débat démocratique centré sur les programmes et les projets, non sur des amalgames ou des controverses périphériques.


Enfin, il est exact que je n’ai pas accepté l’interview proposée par France 3. Lors de notre premier échange téléphonique, le journaliste m’a indiqué vouloir évoquer des « rumeurs » me concernant. Considérant que l’entretien risquait de se concentrer sur ces éléments plutôt que sur les enjeux municipaux, j’ai fait le choix, en accord avec mon équipe, de ne pas y participer.

Au vu du montage finalement diffusé et de son orientation, il apparaît que cette prudence n’était pas infondée.


Dans une démocratie, les médias jouent un rôle essentiel. Leur responsabilité est d’informer avec rigueur, équilibre et honnêteté, particulièrement en période électorale. Lorsque le traitement de l’information donne le sentiment d’un déséquilibre manifeste, il est légitime que les citoyens et les candidats concernés puissent le signaler et en débattre publiquement.


Aubazine mérite mieux qu’un reportage à charge.

Elle mérite un véritable débat sur son avenir.

François Dubois

Note de la rédaction de Profession-Gendarme :

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