Deux jeunes femmes attaquées par une meute de chiens affamés

Vendredi matin, les services vétérinaires et la gendarmerie sont intervenus pour enlever les chiens./Photo DDM, Y. C.-S.
Vendredi matin, les services vétérinaires et la gendarmerie sont intervenus pour enlever les chiens./Photo DDM, Y. C.-S.

Il est midi quand deux jeunes femmes en villégiature se baladent tranquillement avec leurs deux petits chiens, des Jack Russell, dans la campagne, non loin de la propriété d’un retraité qui vit au milieu des bois avec de nombreux chiens. Ayant aperçu les Jack Russell, les chiens parviennent à s’échapper et attaquent les petits chiens des promeneuses. Voulant les récupérer, elles sont sauvagement attaquées et mordues à leur tour. Un des petits chiens est grièvement blessé, l’autre mourra dans les bras de sa maîtresse. Cette dernière, âgée d’une trentaine d’années, a dû être hospitalisée à Auch, mordue aux jambes, au cuir chevelu et aux doigts, totalisant une bonne vingtaine de points de suture. Traumatisée par cette attaque, la victime a déposé plainte. Les deux femmes ont réussi à s’échapper tant bien que mal. « De plus, ces chiens n’étant pas vaccinés, cela ajoute un stress supplémentaire, elles devront sans doute être sous traitement pour la rage, précise Alain Fréchou, le maire de Boissède. Quand je suis arrivé sur les lieux, vers 12 h 45, tout était redevenu normal. La gendarmerie est intervenue à 14 heures, a insisté pour qu’on nous ouvre. Personne n’a répondu. On a enfin réussi à voir le propriétaure des chiens au moment où il partait.» Malgré les complications administratives, le maire s’est montré déterminé à agir, ce qui a débouché sur l’intervention de vendredi. Préoccupé, il avait dans un premier temps rencontré un vétérinaire de Samatan pour faire une étude comportementale des chiens, afin de relancer l’arrêté de dangerosité de décembre 2015 et surtout pour savoir comment agir. « Maire d’un petit village, je n’ai pas de formation dans le droit, ce n’est pas mon métier, on a besoin d’aide car s’il se passe quelque chose, un arrêté mal tourné, un vice de procédure, cela peut se retourner contre nous ».

Dans le village, les habitants ont peur car ce n’est pas la première fois que ces chiens font couler le sang. Le 9 novembre dernier, deux s’étaient échappés et avaient attaqué le chien d’un voisin, qui avait succombé à ses blessures. Inquiet et conscient qu’il fallait agir, le maire avait déjà, alors, contacté la Direction départementale de la protection des populations pour être conseillé. Le 19 novembre, avec un technicien des Services vétérinaires, il avait fait le tour du parc et avait compté au moins quatorze chiens. Le maire avait alors pris un arrêté pour chiens dangereux. « Il y a quelques années déjà, leur propriétaire avait été convoqué au tribunal, ne s’y était pas rendu, sans qu’il y ait eu de suites judiciaires», regrette le maire.

Ce vendredi, les services vétérinaires et la gendarmerie sont intervenus pour procéder à l’enlèvement des chiens.


«Nous n’étions rien d’autre que de la viande»

Une semaine après avoir été attaquée par la meute de chiens, la jeune femme est encore sous le choc. Elle souffre des morsures, bien sûr, mais le traumatisme va bien au-delà. Elle revoit la scène, d’«une violence comme (elle) n’en avait jamais connu», le regard d’un homme «qui a assisté à l’agression sans bouger» et le corps de ses deux chiens éventrés. Elle raconte : «Je me promenais avec une amie de Paris et mes deux petits chiens. Nous sommes arrivés par le bois qui longe la route de campagne. Loulou et Najda aboyaient gentiment, manifestant leur bonheur de se balader. Alors que nous étions à une dizaine de mètres d’une maison, j’ai entendu du bruit. Je me suis retournée et j’ai vu une quinzaine de chiens qui sortaient d’un trou, au niveau du portail. Ils se sont d’abord jetés sur Loulou et Najda. J’ai couru pour les défendre, hurlant pour que le propriétaire de la meute rappelle ses chiens. Il n’a rien fait. Je me suis fait attaquer, principalement aux jambes mais aussi aux doigts et au cuir chevelu. Les chiens étaient faméliques. Nous n’étions pour eux rien d’autre que de la viande à dévorer. Un animal a tenté de m’attraper à la gorge. Je ne sentais rien des blessures, je me battais comme un animal. Je nous voyais tous morts.»

Source : La Dépêche

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