Deux gendarmes gradés en correctionnelle pour harcèlement sur une collègue

Gendarmerie Nationale à Rouen. Photographie Patrick Bisson Flickr CC

Cette gendarme a vécu un enfer pendant une année. En poste en Bourgogne, elle a été humiliée, brimée, et harcelée sexuellement.

Deux gendarmes gradés, un Maréchal des Logis-chef de 36 ans et son collègue de travail, un adjudant de 37 ans, vont être jugés en correctionnelle pour harcèlement sexuel à l’encontre d’une femme gendarme de 26 ans qui les accuse de leur avoir fait subir pendant une année entière un véritable « enfer ».

Deux gradés bientôt condamnés pour harcèlement sexuel ?

Ils ont été cités à comparaitre le 15 octobre au Tribunal Correctionnel de Paris. L’Obs nous apprend que les deux hommes ont aussi été « jugés » en interne. Une procédure disciplinaire à leur égard les a fait suspendre depuis 2013. Mais il est rare que dans ce genre d’affaires, il y ait une procédure pénale, les choses se réglant souvent en interne, afin de ne pas froisser l’image de la Gendarmerie.

Des demandes de fellation au quotidien

Les deux hommes s’attaquaient à elle régulièrement, et lui faisait ressentir le fait qu’elle était une femme. Ainsi, elle rapporte « des propositions de parties à plusieurs » avec une autre gendarme, des tentatives de bisous, des mains sur la hanche, sur l’épaule, des demandes de fellation, des commentaires incessants sur son corps (ses seins ou ses fesses), comme l’explique l’Obs.

Dès lors, la jeune femme se met à prendre des anti-dépresseurs, ne supportant plus de ne pas être considérée comme une gendarme mais comme une vulgaire poupée. Elle prend des plaques d’eczéma, perd des cheveux et dissimule son corps au maximum. Les autres collègues semblaient, eux, ne pas être dérangés par cette situation, elle raconte avoir pleuré devant un parterre de gendarmes morts de rire, comme l’indique Ouest France. 

« Les souffrances de ma cliente doivent être entendues. La parole doit être libérée pour que de tels faits n’aient plus à être déplorés au sein des armées »

Les supérieurs hiérarchiques vont alors faire appel en 2013 à L’IGN (les gendarmes des gendarmes), qui vont mener une enquête en interne pour savoir s’il y a bien eu harcèlement. Dans le cadre du programme Thémis, mis en place par Jean-Yves Le Drian à la Défense en 2014, la jeune femme a pu déposer plainte par la suite, alors que les deux hommes étaient déjà suspendus en interne.

L’IGGN a relevé « les carences du commandant d’unité dans le domaine du contrôle des personnels », son « manque de discernement » qui « a pu favoriser des dérives d’autres personnels tout en privant » la plaignante « de la confiance et de l’appui qu’elle aurait pu espérer ». (AFP)

« Les souffrances de ma cliente doivent être entendues. La parole doit être libérée pour que de tels faits n’aient plus à être déplorés au sein des armées », a expliqué l’avocate de la gendarme, Me Élodie Maumont. L’AFP rapporte également que l’un des deux hommes aurait déclaré pour sa défense lors de sa garde à vue qu’il s’agissait « d’un complot (…) mené par 4 femmes ». en aucun cas, je n’ai voulu la harceler sexuellement ».

Source : FocuSur

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