Dette, inflation, taux d’intérêt : le signal d’alarme est désormais mondial
Auteur(s) France-Soir Publié le 20 août 2026 – 17:00

FS AI
Depuis vendredi, la France emprunte désormais à dix ans à 4 %. Un taux supérieur à celui de l’Espagne, de l’Italie ou de la Grèce, ces pays que l’on traitait encore il y a bien peu de temps avec condescendance. Les chiffres du ministère des Finances sont implacables, à politique inchangée, le déficit public atteindrait 5,9 % du PIB en 2027, puis près de 7 % en 2030. La dette dépasserait 130 % du PIB. Et sa charge augmenterait d’environ 10 milliards d’euros par an entre 2027 et 2030.
Pendant ce temps, silence ou presque, on parle des présidentiables, à coup de petites phrases, de sondages, sans évoquer aucun des vrais problèmes. Les gouvernements successifs multiplient les dispositifs, augmentent les dépenses, repoussent les décisions difficiles, puis expliquent qu’il faudra encore « faire des efforts », c’est le seul leitmotiv. Le citoyen paie, sans jamais avoir le pouvoir de trancher.
Alexandre Jardin lui pose une question que tout le monde semble vouloir éviter : comment avons-nous pu laisser dériver nos finances publiques à ce degré, et qui va enfin décider ? Il appelle à un référendum citoyen pour trancher les grandes questions que le système politique est devenu incapable de trancher : réduire la dépense, libérer l’économie, rétablir des comptes publics soutenables.
De l’autre côté de l’Atlantique, les marchés ont déjà tranché. Mardi, le rendement des obligations américaines à 30 ans a grimpé à 5,33 %, du jamais vu depuis juin 2007. Les Echos affirment que les États n’ont plus payé aussi cher pour emprunter depuis des décennies.
Bloomberg décrit la même fièvre sur les marchés obligataires mondiaux. Les investisseurs demandent plus d’argent pour prêter à des gouvernements qui refusent de freiner les dépenses. Aux États-Unis, la charge des intérêts dévore déjà plus que le budget militaire.
Et ce mercredi, le Royaume-Uni ajoute une couche. L’inflation y est repartie à la hausse avec 2,9 % sur un an en juillet, contre 2,6 % en juin, son plus haut niveau depuis mars. Principale cause, le relèvement de 13 % du plafond des prix de l’énergie.
Les marchés facturent. L’inflation revient. L’Occident semble dans une spirale bien peu vertueuse.
Source : France Soir
Laisser un commentaire