Des centaines de policiers manifestent à nouveau à Paris

Manif Police Republique

Après deux premières nuits de manifestations, des centaines de policiers se sont rassemblés, ce mercredi soir, à Paris et Nancy. Ils ont à nouveau exprimé leur mécontentement vis-à-vis de leurs conditions de travail.

Le ras-le-bol des policiers se poursuit. Environ 500 policiers, pour la plupart en civil, se sont rassemblés mercredi soir sur la place de la République à Paris, après deux premières nuits de manifestations, selon l’AFP. Au pied de la statue, ils ont entonné la Marseillaise. Certains ont crié «Cazeneuve démission», à l’adresse du ministre de l’Intérieur, mais le rassemblement s’est déroulé dans le calme. Les gendarmes mobiles, restés à distance, étaient chargés d’encadrer le cortège. Le mouvement de contestation a gagné aussi Nancy, après Marseille et Nice mardi: une centaine d’agents se sont retrouvés dans la soirée devant l’hôtel de police de la ville, selon une source syndicale.

Le ministre de l’Intérieur a reçu «en urgence» mercredi après-midi ces organisations, à leur demande, pour leur annoncer le lancement dès lundi de concertations dans les départements sur les revendications policières. Les conclusions seront remises «en décembre pour mise en œuvre immédiate dès 2017». Un plan «de sécurité publique» sera lancé en novembre et «complété des résultats de la concertation», a assuré Bernard Cazeneuve, promettant un «dialogue riche», sur la dotation en nouveaux matériels ou l’amélioration des conditions de travail. De son côté, François Hollande a réaffirmé son «soutien» aux policiers et appelé au «dialogue» avec leurs syndicats.

«Impunité» ou «fermeté»

Les syndicats, confrontés à la colère de la base, ont ensuite été reçus longuement par le garde des Sceaux, Jean-Jacques Urvoas. Alors que les policiers dénoncent régulièrement «l’impunité» dont jouiraient leurs agresseurs, le ministre s’est engagé à renouveler ses instructions en vue de «la plus grande fermeté» judiciaire. À la sortie, le secrétaire général adjoint du syndicat Alliance, Frédéric Lagache, s’est cependant dit «déçu» par l’absence de «réponse», notamment sur un changement des règles de la légitime défense. Le syndicat a demandé «une audience au président de la République». Mais Yves Lefebvre, d’Unité-Police SGP-FO, s’est félicité d’»un bon dialogue» et de «propositions en adéquation» avec les demandes de son syndicat. Cette organisation a appelé à une manifestation silencieuse, «une marche de la colère policière et citoyenne», le mercredi 26 octobre.

La manifestation de centaines d’agents bravant leur devoir de réserve, dans la nuit de lundi à mardi sur les Champs-Élysées à Paris, a pris de court les autorités. Si une enquête de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la «police des polices», a été ouverte, Bernard Cazeneuve a là aussi voulu rassurer: «Ce n’est pas pour entrer dans un cycle de sanctions, c’est pour rappeler des principes».

La grogne fait suite à l’attaque au cocktail Molotov d’un véhicule de police à Viry-Châtillon (Essonne) le 8 octobre. Les forces de l’ordre sont très sollicitées en pleine lutte antiterroriste. Les policiers exigent notamment des renforts et des moyens, et se plaignent d’un surplus de gardes dites statiques.

Le directeur général de la police nationale (DGPN), Jean-Marc Falcone a rencontré mardi soir des policiers de l’Essonne à Évry. Il a dit comprendre «l’exaspération, les craintes et les angoisses» des agents, tout en déplorant que certains aient «utilisé des véhicules» et des «moyens» de la police «pendant leurs heures de service». Le patron de la police avait adressé mardi un ferme rappel à l’ordre à ses troupes. Il était reparti dans la soirée sous les huées de quelque 400 fonctionnaires venus soutenir leurs collègues menacés de sanctions.

Source : Le Figaro

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