Comment s’opposer et briser cette course vers la guerre capitaliste généralisée ?

Robert Bibeau

Par le GIGC. Sur http://www.igcl.org/Comment-s-opposer-et-briser-cette

La revue Révolution ou guerre No. 33 (mai 2026) est accessible ici: fr_rg33_260424 

D’un côté, le capitalisme mondial accélère sa course vers la guerre impérialiste généralisée. La guerre en Iran et dans tout le Moyen Orient lancée par le capitalisme américain en est un moment tout particulier. De l’autre, les attaques sur les conditions de vie et de travail, déjà fortes et constantes au moins depuis la crise financière de 2008, redoublent… du fait de la préparation à la guerre et, maintenant, de la guerre elle-même, de la guerre en Iran et au Moyen-Orient.

La spirale infernale vers un conflit mondial meurtrier s’emballe. Le capitalisme mondial, à commencer par le capitalisme dominant américain, est contraint de forcer le rythme et le cours vers la guerre. Trump et Poutine, pour ne citer que ces deux-là, sont les personnages que chaque impérialisme, américain et russe dans leur cas, se sont choisis. Ils sont un signe du temps présent. Les éructations de Trump sont du même ordre que celles lancées en son temps par Hitler. Et ses pitreries, la plupart sinistres, dépassent en ridicule celles de Mussolini. Elles n’en sont pas moins lourdes de sens et de drames. Le temps est à la guerre. Il faut habituer les populations aux discours nationalistes et de haines aussi stupides puissent-ils être.

N’en doutons pas : les autres puissances impérialistes, la Chine en premier, mais aussi les puissances européennes et asiatiques, ne pourront pas laisser le capitalisme américain leur imposer par la force ses conditions et ses diktats économiques, politiques et impérialistes sans tenter d’y répondre. Il en va de leur survie. Chaque capital et bourgeoisie nationale lutte à mort pour pouvoir accéder aux rares radeaux de survie du navire avant qu’il ne coule.

Est-il possible d’arrêter la ruée vers l’abîme ? La réponse à la guerre qui vient ne peut pas se faire au nom de la… paix. La guerre est intrinsèque au capitalisme. Les guerres mondiales, nous en avons déjà connues deux, ne sont que les expressions ultimes de ses contradictions. Elles sont l’aboutissement inéluctable de la sur-production générale de capital, de forces productives et de marchandises et de l’impossibilité d’absorber – de vendre – cette sur-production dans le cadre des rapports sociaux capitalistes. D’où la lutte pour les marchés par la compétition économique accompagnée de la force militaire, de l’impérialisme. Et au final, la destruction massive au moyen de la guerre généralisée. S’opposer à la dynamique guerrière ne peut se faire au nom de « l’idéal » de la paix. D’autant que dans le capitalisme, « la paix n’est qu’un moment de la guerre. »

Auparavant, les travailleurs de tous les pays étaient appelés à payer pour l’impasse économique et la crise du capitalisme. Aujourd’hui, en sus ils sont appelés à régler aussi la facture de la guerre qui vient. De celle qu’il faut préparer. Et maintenant de celle qui est. De celle qui se déroule sous nos yeux et qui répand des flots de sang en Palestine, au Liban, en Iran et en Ukraine. Les économistes l’annoncent : l’économie se ralentit brutalement, l’inflation redouble et les licenciements explosent du fait de la guerre en Iran [1]. Bref, les prolétaires vont devoir aussi payer pour le blocage du détroit d’Ormuz ; celui-la même qui enrichit les spéculateurs, c’est-à-dire les capitalistes, à commencer par Trump, Poutine et leurs cliques, sans oublier les Mollahs et autres gardiens de la révolution iraniens et qui leur permet de se vautrer dans la corruption la plus éhontée et le luxe le plus obscène.

L’opposition réelle et potentiellement efficace à la guerre ne peut venir que de l’affirmation par le prolétariat de ses intérêts de classe dans le contexte de l’antagonisme matériel et historique entre les classes – entre la bourgeoisie, qui exploite le travail du prolétariat et tire profit du redécoupage impérialiste du monde, et le prolétariat, qui peine et est contraint de se battre dans les tranchées au service de la classe dominante. Il n’est qu’une voie pour s’opposer à la marche à la guerre aujourd’hui. Celle que des dizaines d’ouvriers en grève massive en Inde [2] nous montrent ces jours-ci, en répondant directement aux conséquences matérielles sur leurs conditions de vie de la guerre en Iran. La lutte pour défendre les conditions de vie et de travail des salariés, du prolétariat. Les conditions de vie des travailleurs se sont détériorées au fil des décennies ; elles sont aujourd’hui encore davantage mises à mal dans le contexte de la montée vers la guerre et sont directement menacées par les conséquences de la guerre en Iran. Crise capitaliste et guerre impérialiste se nourrissent l’une l’autre au dépens du prolétariat.

Le mot d’ordre d’aujourd’hui : Non aux sacrifices pour la guerre ! Lutte en masse et généralisée ! Non à l’union sacrée nationale autour de l’État capitaliste et la bourgeoisie nationale !

Le mot d’ordre de demain : le capitalisme, c’est la guerre, à bas le capitalisme !

La rédaction, 22 avril 2026

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Notes :

[1]. Sans compter les risques de crise financière liée aux bulles spéculatives qui s’additionnent les unes aux autres et qui sont toutes liées à l’endettement généralisé. Celle du private credit pourrait être la première à exploser : les prêteurs inquiets cherchent de plus en plus à récupérer ce qu’ils ont placé dans les fonds spéculatifs qui la gère. Ou encore, les pays du Golfe qui ne vendent plus leur pétrole depuis le blocus du détroit d’Ormuz, ont un besoin urgent de dollars. Aussi, sont-ils tentés de vendre leur actifs américains, actions, obligations, bons du trésor. On risque donc de voir rapidement une ruée en panique vers le « cash », chacun cherchant à limiter ses « pertes » en vendant et provoquant l’éclatement des bulles. Nous ne pouvons pas développer ici.

[2]. Cf. dans ce numéro l’article qui suit.

Source : Les 7 du Quebec

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