Comment Nicolas Sarkozy veut privatiser la sécurité

Pour le président des Républicains, le recours à des “sociétés privées” pourrait libérer les forces de l’ordre des “tâches secondaires”. Il a présenté ses propositions dans une interview au “Parisien”.

Un policier assure la sécurité devant un collège à Strasbourg le 21 mai 2013. (PATRICK HERTZOG / AFP)

Un policier assure la sécurité devant un collège à Strasbourg le 21 mai 2013. (PATRICK HERTZOG / AFP)

Entre 2007 et 2012, lorsqu’il était président, Nicolas Sarkozy a supprimé 12.000 postes de policiers et gendarmes, notamment sous l’effet de la Révision générale des politiques publiques (RGPP). De l’histoire ancienne, semble penser le chef des Républicains, qui lance ce mardi dans une interview au “Parisien/Aujourd’hui en France” : “Il n’y a plus d’autorité de l’Etat”.

L’ancien président fustige la politique judiciaire du gouvernement et présente ses propositions pour la sécurité. Voici les principales.

1Recourir à des “sociétés privées assermentées”

Le président du parti Les Républicains veut notamment libérer police et gendarmerie de “toutes les tâches secondaires ou périphériques” pour concentrer leur travail “sur l’ordre public, le renseignement, l’investigation”.

Comment faire ? L’ancien chef de l’Etat imagine par exemple que “les procurations pour voter, ou la surveillance d’un certain nombre de bâtiments publics” pourraient être transférées à “des sociétés privées assermentées”.

2Responsabiliser les autoroutes

Les concessionnaires d’autoroutes devraient, selon l’ancien ministre de l’Intérieur, avoir “la charge de la sécurité” sur leurs axes.

Je ne vois pas pourquoi cela doit être exclusivement un motard de la gendarmerie ou de la police qui doit faire les contrôles de vitesse, sur un axe d’autoroute concédé par l’Etat.”

Cette mission serait financée par les sociétés d’autoroute elles-mêmes, avance-t-il. De même, il estime que c’est à la SNCF et à la RATP “d’assurer prioritairement votre sécurité dans les trains et les métros”.

3Créer un super-ministère de la Sécurité publique

Nicolas Sarkozy évoque la “création d’un grand ministère de la Sécurité publique qui assurerait la coordination de toutes les forces de sécurité en France”. Le non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux ne serait pas appliqué dans ce ministère, suggère-t-il.

4Armer la police municipale

Nicolas Sarkozy réclame “davantage de pouvoir pour la police municipale” afin que cette dernière “puisse avoir accès à des fichiers de la police et procéder à des contrôles d’identité, y compris avec palpation”.

L’armement de la police municipale doit devenir la règle, sauf si le conseil municipal ne le souhaite pas.”

5Revenir à la police de proximité

Pour le prédécesseur de François Hollande à l’Elysée, la “reconquête” des territoires “doit se traduire aussi par une présence policière continue la nuit”. L’expression “police de proximité” est sans doute trop galvaudée pour être utilisée. Pour mieux lutter contre une “criminalité en constante progression” dans les quartiers, Sarkozy préfère parler de “vigies de police“, qui “doivent être organisées dans les quartiers les plus difficiles”.

6Bannir les trafiquants de drogue des quartiers

Nicolas Sarkozy souhaite que les trafiquants de drogue soient bannis des quartiers :

Je propose que les trafiquants de drogue qui auront réellement effectué leurs peines de prison, soient interdits de séjour à leur sortie de prison dans le quartier où ils ont commis leurs méfaits.”

7Construire des prisons

Nicolas Sarkozy veut 80.000 places de prison en France, et dit ne pas comprendre pourquoi “M.Hollande n’a pas poursuivi” son plan de création de places de prison.

C’est aussi par la prison qu’il souhaite renforcer la politique antiterroriste :

Tout étranger ou binational qui a fait le djihad ne doit pas revenir en France. Et tout Français parti faire le djihad doit, quand il revient, aller en prison.”

Il convient en revanche de protéger les mineurs de ces mauvais lieux… Nicolas Sarkozy ne veut plus “un seul mineur dans une prison pour adultes” pour éviter, dit-il, “que ce soit l’école du crime”. Les mineurs “doivent aller dans les prisons pour mineurs ou dans les centres éducatifs fermés”. Créés par la loi d’orientation et de programmation pour la Justice du 9 septembre 2002, ils sont aujourd’hui au nombre de 44 et présentent un bilan mitigé.

Source : L’Obs

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