Comment la Gendarmerie monte en puissance dans le renseignement

Au coeur d'une cellule renseignement de la Gendarmerie, ici au groupement départemental de l'Essonne, avec le gendarme Matthieu Fargier, analyste renseignement (Crédit photo: GT/L'Essor).

Au coeur d’une cellule renseignement de la Gendarmerie, ici au groupement départemental de l’Essonne, avec le gendarme Matthieu Fargier, analyste renseignement (Crédit photo: GT/L’Essor).

n Gendarmerie, le renseignement marche désormais sur deux jambes. La première, c’est la sous-direction de l’anticipation opérationnelle (SDAO). La seconde, c’est le service central du renseignement territorial (SCRT), qui comprend environ 10% de gendarmes dans son effectif.

Retrouvez dans l’édition de mars de notre magazine notre dossier spécial sur le renseignement et la Gendarmerie.

La sous-direction de l’anticipation opérationnelle

Créé en décembre 2013, la SDAO rassemble quelque 80 militaires. Ce service regroupe le Centre de renseignement opérationnel de la gendarmerie (Crog) et le Centre d’analyse et d’exploitation. Ses priorités sont la prévention de la radicalisation, la surveillance des contestations violentes et la sécurité économique, pour mieux éclairer les décisions du commandement, que ce soit au niveau central ou au niveau des groupements.

Lire aussi sur L’Essor : Radicalisation, création de la sous-direction de l’anticipation opérationnelle… Le chef du renseignement de la Gendarmerie se confie

Le lieutenant-colonel Fabrice Kapps, l'officier adjoint de renseignement du groupement de l'Essonne (Crédit photo: GT/ L'Essor).
Le lieutenant-colonel Fabrice Kapps, l’officier adjoint de renseignement du groupement de l’Essonne (Crédit photo: GT/ L’Essor).

Avec les échelons territoriaux, la Gendarmerie s’appuie en tout sur une force de frappe de plus de 550 analystes, alimentée principalement par l’impressionnante communauté des gendarmes et réservistes, soit 130.000 personnes. Répartis dans les cellules départementales de renseignement, les bureaux régionaux et la sous-direction, ils sont chargés de traiter, recouper, et analyser les informations récoltées.

Une matière brute essentiellement humaine, même si les gendarmes se penchent aussi sur les sources ouvertes et ont un accès, direct ou indirect, aux techniques spéciales de recueil du renseignement. Depuis 2015, cette sous-direction et le bureau de la lutte anti-terroriste (Blat), rattachée à la sous-direction de la police judiciaire, font toutes deux parties de l’officieux “second cercle” de la communauté française du renseignement. Elles se répartissent notamment le millier de signalements d’individus radicalisés suivis par la Gendarmerie. Le fichier des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) comprend au total environ 12.000 fiches actives recensées.

Le service central de renseignement territorial

La SDAO alimente également le SCRT, chargé de l’information administrative et gouvernementale. Ce service, rattaché à la direction centrale de la sécurité publique de la Police, a succédé aux Renseignements généraux (RG). Il produit des notes frappées du double timbre des deux directions générales de la Gendarmerie et de la Police. Et pour cause : désormais, 288 gendarmes, dont 33 au service central, soit un peu plus de 10% des effectifs, travaillent dans ce service chargé d’informer le gouvernement et les services de sécurité sur un spectre large, qui va de l’actualité économique à la contestation sociale en passant par la prévention du terrorisme.

“Ce ne sont pas des représentants de la Gendarmerie, ils sont totalement intégrés dans le service et travaillent dans toutes les divisions thématiques”, explique à L’Essor l’inspecteur général Hugues Bricq, le chef de ce service, secondé par un gendarme, le colonel Laurent Le Gentil. Trois services départementaux sont d’ailleurs dirigés par des militaires. “Les gendarmes nous apportent leur connaissance de leur zone, leurs compétences, leurs formations, c’est une vraie richesse, poursuit Hugues Bricq. Notre articulation avec la Police et la Gendarmerie nous permet d’avoir un panorama complet et actualisé de la situation.”

L’irruption de gendarmes dans cette ancienne chasse gardée de la Police ne s’est pas faite sans heurts. Le syndicat des cadres de la sécurité intérieure a ainsi déposé des recours, validés par la justice administrative, contre les nominations d’officiers à des postes à responsabilité. L’organisation syndicale estime que ces promotions sont entachées par un vice de procédure. Une polémique dépassée, assure Hugues Bricq. “Désormais, il n’y a plus de sujet”, dit-il, soulignant le faible turn-over des gendarmes présents au sein de son service.

La direction générale de la sécurité intérieure

Laurent Nunez, le directeur de la DGSI, lors des voeux de la Gendarmerie en janvier 2018 (Crédit photo: MG/L'Essor).
Laurent Nunez, le directeur de la DGSI (Crédit photo: MG/L’Essor).

Par contre, les liens sont beaucoup plus ténus…

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