Chine : les influenceurs désormais tenus d’avoir un diplôme pour parler de certains sujets
Auteur(s) France-Soir Publié le 05 novembre 2025

Photo d’illustration
Retamal / AFP
La Chine annonce de nouvelles règles encadrant la prise de parole en ligne.
Selon plusieurs médias internationaux dont The Economic Times et The Times of India, les créateurs de contenu en Chine devront désormais justifier d’un diplôme ou d’une certification reconnue pour aborder des sujets jugés « professionnels » tels que la médecine, le droit, la finance ou l’éducation.
Cette mesure, entrée en vigueur fin octobre 2025 selon The Economic Times, s’inscrit dans une politique plus large de la Cyberspace Administration of China (CAC) visant à renforcer le contrôle du contenu diffusé sur les réseaux sociaux comme Douyin (TikTok version chinoise), Weibo ou Bilibili.
Les plateformes auraient désormais l’obligation de vérifier les qualifications des influenceurs qui s’expriment sur des thèmes sensibles. Dans certains cas, elles devraient aussi s’assurer que les créateurs signalent clairement lorsque leurs vidéos s’appuient sur des études scientifiques ou utilisent des outils d’intelligence artificielle — une exigence rapportée par The Debrief mais pour l’instant non confirmée officiellement.
Un moyen de lutter contre la désinformation, ou une emprise supplémentaire sur le citoyen ?
Selon les autorités chinoises, ces règles auraient pour but de limiter la propagation de fausses informations et de garantir que les internautes reçoivent des conseils fiables, notamment dans les domaines de la santé et des finances, bref un contrôle social de plus dans ce pays champion du monde sur le sujet.
« Il est temps que les personnes ayant une réelle expertise mènent la conversation », aurait déclaré un représentant cité par The Economic Times.
La CAC présenterait cette initiative comme une mesure de protection du public face aux dérives des influenceurs non qualifiés, souvent accusés de propager des contenus trompeurs ou sensationnalistes.
Un encadrement jugé excessif par certains
Toutefois, cette décision suscite des critiques, notamment parmi les créateurs de contenu et les défenseurs de la liberté d’expression. Certains redoutent qu’elle ne renforce la censure déjà existante sur le Web chinois.
« Bientôt, nous aurons besoin d’un permis pour publier une opinion », a ironisé un influenceur cité par The Economic Times.
D’autres observateurs soulignent que cette mesure pourrait favoriser les voix « officielles » ou « approuvées » par l’État, au détriment des créateurs indépendants, réduisant ainsi la diversité du débat public en ligne. Et quid des journalistes ou des lanceurs d’alerte ? Certes ces derniers ont peu voix au chapitre dans l’Empire du Milieu, mais ils seront très clairement visés, leur statut étant par essence généraliste et non certifié dans la plupart des articles qu’ils approchent.
Vers une tendance de fond dans le contrôle numérique
Depuis plusieurs années, la Chine multiplie les initiatives pour, entre autres, encadrer la sphère numérique : régulation des algorithmes, restrictions sur les jeux vidéo, limitation du temps d’écran pour les jeunes, ou encore lutte contre les « contenus nuisibles ».
Ce nouveau cadre pour les influenceurs et autres s’inscrirait dans cette continuité : Pékin cherche à instaurer un écosystème de contenus conformes aux “valeurs socialistes fondamentales”, selon la terminologie officielle.
Un texte encore un peu flou dans ses détails
À ce stade, le texte officiel complet de la réglementation n’a pas été publié dans les médias internationaux, et l’on ignore encore la liste précise des domaines concernés, la nature des diplômes exigés, ainsi que les sanctions prévues en cas de non-respect.
Il est donc possible que certains points — comme l’obligation de mentionner l’usage d’IA — soient encore au stade de directive interne, voire d’interprétation médiatique.
Une chose est claire concernant nos gouvernements occidentaux, leurs regards sont tournés vers l’Est, avec la tentation de plus en plus forte de s’inspirer de ce qui s’y passe, particulièrement en France où le pouvoir en place de moins en moins légitime n’aura bientôt plus que ces stratèges pour rester en place.
Source : France Soir
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