Brest. Le BTP déterminé à bloquer le dépôt pétrolier ce week-end [Vidéo]

les-manifestants-sont-equipes-de-cabanes-de-chantier-pour_4297688_540x269pLes manifestants sont équipés de cabanes de chantier pour s’abriter des intempéries.

Le dépôt pétrolier de Brest pourrait être bloqué tout le week-end par les artisans du BTP, qui n’ont pas l’intention de baisser les bras. En début d’après midi, les manifestants ont reçu le soutien de deux grosses entreprises du Finistère.

Les artisans du BTP qui stationnent devant le dépôt pétrolier de Brest depuis jeudi matin ne sont pas disposés à lever le camp. « Contrairement à la semaine dernière où nous étions partis le vendredi soir, nous avons l’intention de poursuivre le mouvement dans la durée », expliquait vendredi matin Bruno Corre, un des leaders de ce mouvement né de la suppression de la défiscalisation du Gazole non routier (GNR) utilisé par les engins de chantier.

Pour rappel, le prix de ce carburant passerait de 0,80 € à 1,30 € à partir du 1er janvier, mettant en danger la trésorerie de nombreuses entreprises. « On a tout ce qu’il faut. Des cabanes de chantier pour nous abriter et nos engins pour dormir », assure Bruno Corre. Par ailleurs, ils étaient particulièrement remontés contre l’amendement voté jeudi, prévoyant l’annulation de l’augmentation des taxes sur le gasoil non-routier (GNR) prévue pour 2019 (concernant notamment les dameuses dans les stations de ski), dénonçant deux poids, deux mesures.

Reste que la solution de déloger les manifestants par la force est assez risquée. « Je ne pense pas que les forces de l’ordre puissent utiliser des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes à proximité de ce site classé Seveso, donc potentiellement très dangereux », souligne une autre figure du mouvement à 80 m des citernes remplies de carburant. Ils entendent par ailleurs réagir fortement, à Brest, si le dépôt pétrolier de Lorient est débloqué par les forces de l’ordre.

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 (Didier Déniel)

 

Soutien des agriculteurs et des pêcheurs

 

Ce mouvement de grogne a reçu le soutien jeudi soir d’agriculteurs venus du canton de Saint-Renan. Mais aussi de quelques marins pêcheurs de l’Aber Wrac’h. « Cette augmentation des taxes nous pend aussi au nez, souligne le patron d’un fileyeur venu avec ses trois marins. Si demain notre gazole augmente, tout le monde sera impacté, même mes matelots. Je rappelle que les charges fixes, comme le carburant et la bouffe sont partagées entre l’équipage. Ça se traduira par 400 € de perte de salaire ».

Selon ce professionnel de la mer, d’autres marins-pêcheurs pourraient rejoindre le mouvement, « d’autant que tous les bateaux sont à quai à cause du mauvais temps. Les gars sont disponibles ».

Grand changement par rapport à la semaine dernière, des représentants de la Confédération nationale des artisans des travaux publics et paysages (CNATP) sont présents devant le site qui, insistent les manifestants, n’est pas bloqué. Effectivement les entrées et les sorties sont dégagées. « Mais si un camion se présente, un engin peut très bien se mettre en travers », précise un artisan. Pour l’heure, pas une seule citerne ne s’est présentée au chargement ni est sortie du site.

 

Le renfort de grosses entreprises

 

En tout début d’après midi, les manifestants ont reçu le soutien de deux grosses entreprises du Finistère. À savoir l’entreprise Le Pape, de Quimper – 170 salariés – représentée par Bertrand Le Pape qui la dirige. Ce dernier a déjeuné avec les artisans du BTP ; les carrières Lagadec, qui exploitent plusieurs sites d’extraction en Bretagne ont elles aussi, amené sur le site un gros engin de chantier.

Source : Le Télégramme

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