Besançon : un gendarme face à la justice.

« C’est un enchaînement de situations , les faits se sont succédé trop rapidement, je n’ai pas su faire face, j’étais dans une situation de détresse et je regrette ce que j’ai fait », explique le prévenu. À 56 ans, ce gendarme en longue maladie pour avoir sombré dans la dépression depuis huit ans, comparaît pour deux sévères dérapages.

Le 15 juin dernier, il s’est présenté dans le centre médico-social de son quartier pour réclamer une aide alimentaire. Les services sociaux la lui ayant refusée, il a tapé du poing en lançant : « Vous ne me laissez pas d’autre solution que de tuer ma femme et mes enfants pour que j’aille manger en prison ! »

« Je voulais absolument manger »

Aujourd’hui face au juge, il explique le contexte : « Je suis en instance de divorce et ma femme avait vidé tous nos comptes. J’avais épuisé la monnaie qui me restait et je voulais absolument manger ! »

« On ne sait jamais ce qu’un lion affamé peut faire »

Aux enquêteurs, il avait précisé : « On ne sait jamais ce qu’un lion affamé peut faire. » Placé en garde à vue, il s’était tapé la tête contre les murs et avait jeté le plateau-repas servi en cellule. « Oui mais imaginez comme c’est humiliant pour un gendarme d’être placé en garde à vue par des policiers ! », tente-t-il de se justifier. Transféré au CHU, il avait alors « enfin » obtenu ce qu’il voulait, à savoir des tickets repas en attendant de toucher son traitement, le 25 du mois.

« Au voleur ! »

Reste que sept jours plus tard, le 22 juin alors qu’il lui était interdit d’entrer en contact avec son épouse, il est allé chercher le 4×4 que celle-ci avait garé sur le parking Battant et, alors qu’elle tentait de monter dans le véhicule (un pied dedans, l’autre dehors), aux cris de « Au voleur ! », il n’a pas hésité à faire marche arrière avant de la pousser vers l’extérieur et de s’en aller. « Il fallait impérativement que j’aille à l’hôpital interarmées de Metz, faute de quoi je n’aurais plus mon salaire », se justifie-t-il à la barre.

Avocat de la partie civile, Me  Broggini parlera d’une femme « terrorisée à l’idée de revoir son mari » et de l’« attitude dangereuse » du prévenu « vis-à-vis de son épouse et de ses trois enfants », se disant « persuadée qu’il y a un réel danger physique pour eux ».

« Ce monsieur a beaucoup de droit mais finalement très peu d’obligations et de devoirs », appuie le procureur en stigmatisant un comportement « très inquiétant » avant de requérir 6 mois avec sursis et mise à l’épreuve.

Pour la défense, Me Giacomoni parle d’un « gendarme qui a exercé 33 ans sans un impair et dont les problèmes actuels sont liés à son couple qui va mal ». Et de détailler le contexte conjugal pour conclure que « les torts sont partagés ».

Le tribunal a prononcé 3 mois avec sursis et mise à l’épreuve avec obligation de soins et interdiction d’entre en contact avec la future ex-épouse auquel le gendarme devra verser 500 € de dommages et intérêts.

Source : Est Républicain

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