Benalla et Crase évoquent une destruction de preuves dans un nouvel enregistrement

16723481Vincent Crase et Alexandre Benalla. (Alain JOCARD/AFP/Montage Obs)

Mediapart dit avoir remis sept enregistrements à la justice.

Mediapart affirme ce mardi 5 février avoir répondu positivement à une réquisition des juges d’instruction de l’affaire Benalla, en transmettant à la justice six enregistrements diffusés sur son site le 31 janvier. Ces bandes sonores indiquent notamment qu’Alexandre Benalla et Vincent Crase, ex-employé de La République en Marche (LREM) et gendarme réserviste, ont violé leur contrôle judiciaire en se rencontrant, le 26 juillet dernier.

Le site d’investigation en profite pour publier un septième enregistrement, qu’il dit avoir également mis à disposition de l’instruction. Dans ce nouvel extrait de leur discussion, les deux hommes, qui viennent d’être mis en examen, évoquent une destruction de preuves.

“T’as effacé tout ce qu’il y avait sur ton téléphone ?”, demande Alexandre Benalla dans cet enregistrement.

“Tout ce qui concerne Velours”, répond Vincent Crase, citant le nom d’une société de sécurité, sous-traitante d’un contrat conclu par sa propre société, Mars, pour le compte d’un oligarque russe proche de Vladimir Poutine. Alexandre Benalla, ancien employé de Velours, serait personnellement impliqué dans ce contrat de sécurité, négocié alors même qu’il était chargé de mission à l’Elysée.

“Chez les flics, ils ont pas pu regarder mon téléphone parce que je l’éteignais et je le rallumais à chaque fois”, ajoute Vincent Crase.

“Franchement, les trois flics n’étaient pas contre moi, loin de là même, le major qui a tenu l’enquête me disait que ça le faisait vraiment chier de faire ça.”

Brouillons de mails

Plus tard dans leur conversation, comme le révélait déjà Mediapart la semaine dernière, les deux hommes se demandent également comment faire disparaître des éléments dans les locaux du parti LREM, où une perquisition doit avoir lieu. “Toutes mes affaires sont là”, se désole Vincent Crase.

“J’essaierais bien d’y aller cette nuit, mais le problème c’est qu’il y a des flics devant…”

Les deux amis, poursuit Mediapart, imaginent enfin un moyen de continuer à correspondre discrètement malgré leur contrôle judiciaire, via des brouillons de boîtes e-mail dormantes. Si la violation de leur contrôle judiciaire était avérée, Vincent Crase et Alexandre Benalla risqueraient la détention provisoire.

Le parquet de Paris a suscité la polémique lundi en tentant de perquisitionner la rédaction de Mediapart, à la suite de la diffusion des premiers extraits de cette conversation. Le parquet a ainsi ouvert une enquête préliminaire pour “atteinte à l’intimité de la vie privée” et “détention illicite d’appareils ou de dispositifs techniques de nature à permettre la réalisation d’interception de télécommunications ou de conversations”.

Source : L’Obs

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