Belgique : le ministre de la Défense Théo Francken soupçonné d’avoir dramatisé des survols supposés de drones
Le ministre de la Défense belge, Théo Francken, aurait dramatisé la crise des survols de drones à l’automne 2025. La polémique trouve ses sources dans les témoignages de survols supposés illégaux au Danemark puis dans la plupart des pays de l’Europe du Nord. En novembre 2025 déjà, les témoignages de survols aux dessus de l’aéroport de Bruxelles avaient été débunkés : les drones présentés comme fort probablement russes étaient en fait un hélicoptère de la police et un avion-cargo de DHL (voir ici). Le ministre de la Défense s’était à l’époque montré suffisamment convaincant avec des déclarations très anxiogènes pour faire débloquer un plan d’urgence de 50 millions d’euros pour la lutte anti-drones.
L’enquête de journalistes
La chaine VRT a diffusé dans le magazine d’investigation Pano un reportage sur les conditions de déblocage du plan d’urgence de 50 millions d’euros. Les journalistes y montrent qu’une vidéo supposée montrer un drone en vol étaient en fait celle d’un hélicoptère. Une vidéo envoyée par le ministre lui-même au quotidien flamand VTM (voir ici). Le reportage montre que de nombreux autres survols de drones supposés n’en étaient pas, puis rapporte que la procédure d’adopter du plan d’urgence a été accélérée avec une absence d’appel d’offres public (voir ici).
Dénégations du ministre Théo Francken
Théo Francken a refusé de réagir dans le reportage, puis admis que une « erreur dans la transmission de la vidéo » et qu’il ignorait cette erreur l’époque, et tenté de rapporter l’absence d’avis négatifs sur la procédure d’urgence. Les journalistes de la VRT ont montré qu’au contraire un avis négatif avait été rendu par l’inspection des Finances belge, et que le ministre était au courant puisqu’il avait introduit un recours contre cet avis (voir ici). Le ministre a finalement reconnu que sur 249 incidents enregistrés, le Service général de renseignement et de sécurité (SGRS) a retenu 42 cas pour lesquels « il n’existe aucune autre explication plausible que la présence d’un drone » (voir ici). Soit 1 cas sur 6 de présence possible d’un drone, et aucun cas avéré…
Les sociétés retenues en 2025 ?
L’enveloppe d’urgence de 50 millions d’euros a été partagée entre plusieurs sociétés spécialisées dans la neutralisation de drones, dont Origin Robotics en Lettonie et DroneShield. Avant la neutralisation, il est indispensable de disposer d’un détection et d’une levée de doute efficace. La société choisie a été Senhive, basée en Belgique. Les journalistes ont montré que les prix pratiqués par Senhive semblaient 4 fois supérieurs à ceux des concurrents sur le marché de la détection de drones. Le ministre est par ailleurs accusé d’avoir favorisé le patron de Senhive, qu’il connaissait bien. Théo Francken s’est défendu en indiquant qu’à l’époque où ils se fréquentaient, le ministre et le patron n’étaient pas encore à leurs postes respectifs. Et Senhive a assuré que la solution vendue était un modèle plus performant pour expliquer le surcoût. Manifestement en difficulté, Théo Francken a indiqué qu’il allait commander un audit interne sur le dossier d’acquisition de systèmes anti-drones (voir ici).
SOURCE : HELICOmicro

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