Alcool au volant. Il termine dans un fossé à Gourdon, continue à boire et insulte les gendarmes !

Parfois, les propos entendus devant le tribunal correctionnel de Cahors dépassent l’entendement. Même les cinéastes les plus audacieux hésiteraient à reprendre les scènes, tant elles paraissent irréelles… C’est dire combien l’alcool au volant fait des ravages.

25510-180620092335864-0-854x569Il insulte les gendarmes venus l’interpeller suite à sa sortie de route… (©La Vie Quercynoise)

 

M., trentenaire, a comparu devant le tribunal correctionnel de Cahors le 14 juin 2018. Il est cité dans deux affaires distinctes.

Il boit encore, dans le véhicule accidenté

Le premier dossier fait référence à des faits survenus à Gourdon. Le 25 janvier 2018, les militaires de la gendarmerie voient leur attention retenue par un véhicule immobilisé dans le fossé. Ils s’approchent et au moment où ils engagent la conversation avec le conducteur, toujours à bord, les voilà accueillis par une bordée d’injures.

Mme Isabelle Six, présidente du tribunal, s’étonne de cette réaction. Le prévenu précise :

– « J’étais bloqué dans la voiture et je continuais à boire, parce que je suis alcoolique ! »

– « C’est la première fois que j’entends une explication pareille ! » s’exclame la magistrate.

– « C’est la raison pour laquelle j’ai outragé les gendarmes ; j’étais énervé et je l’ai extériorisé. C’est l’alcool qui fait que je vrille ! » ajoute le prévenu, indiquant ne pas reconnaître, cependant, « avoir résisté » aux forces de l’ordre.

L’homme n’est pas avare de précisions et n’hésite pas à faire valoir les progrès réalisés. Il affirme avoir cessé l’usage de stupéfiants et être aujourd’hui en phase « d’arrêter de boire ». Il travaille en CDD au sein d’une unité de recyclage de déchets.

Les deux gendarmes s’approchent pour corroborer leurs déclarations. L’un d’eux souligne être déjà venu en aide à M. l’an passé, alors que celui-ci était victime d’une rixe. Ils décrivent les circonstances de l’interpellation mouvementée à laquelle ils ont eu affaire, jusqu’à l’hôpital où ils ont conduit M..

– « Nous avons essayé de parler avec lui, mais il n’entendait rien ! Il se montrait dangereux à la fois pour nous-mêmes et pour lui-même aussi ! » assurent les deux gendarmes, qui ont dû envoyer un coup de pied là où ça fait mal… Chacun d’eux sollicite une somme de 500 € de dommages et intérêts.

Mme Cécile Lasfargues, vice-procureur, élève le ton. Elle déclare : « L’alcool est une circonstance aggravante et non atténuante ! ». Elle fustige le comportement du prévenu qui, étant ivre, « n’a pu se contrôler ». Elle requiert à son encontre une peine de 6 mois de prison avec sursis avec mise à l’épreuve pendant deux ans, assortie d’une obligation de soins, l’indemnisation des deux gendarmes et une suspension du permis de conduire pour une durée de six mois.

Maître Colette Fayat, avocate du prévenu, plaide la « maladie » de son client. Elle assure que son interpellation mouvementée tient à la colère qui l’habitait contre lui-même « et c’est celle-ci qui a rejailli ». Elle souhaite que la peine infligée par le tribunal aide son client à s’en sortir ; « l’obligation de soins va dans le bon sens » conclut-elle.

3 mois après, rebelote, mais est-ce la der ?

Trois mois après cette première affaire, M. s’est à nouveau retrouvé confronté aux services de gendarmerie. Le 1er mars dernier en effet, M. a fait l’objet d’une interpellation, non loin de son domicile. Phobie de la maréchaussée ? Il refuse à nouveau de se soumettre aux vérifications d’alcoolémie, alors qu’il est au volant de son véhicule, en dépit d’une suspension du permis de conduire. C’est un défaut de maîtrise du véhicule qui a attiré l’intervention des services de gendarmerie. Décidément !

Cette fois-ci, le prévenu fait amende honorable. Il déclare à brûle-pourpoint :

– « Il y a des événements qui font réfléchir, comme le décès d’une enfant de mon village, fauchée par un tracteur dont le conducteur était ivre… »

– « Et pour vous que s’est-il passé ? » demande la présidente, souhaitant ramener le prévenu à la réalité des faits qui le concernent. Elle relève que le prévenu était alcoolisé au volant et qu’il conduisait alors que son permis avait été suspendu.

Prison avec sursis et travail d’intérêt général

Mme le Vice-procureur s’indigne de constater que dans un premier temps, le prévenu avait cherché à faire valoir qu’il n’était pas au volant du véhicule. Ce seraient les enfants, qui auraient confié aux enquêteurs que M. était bien le chauffeur de la voiture. Elle requiert 3 mois de prison avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve avec obligation d’accomplir un travail d’intérêt général à hauteur de 120 heures à réaliser dans un délai de 18 mois.

– « C’est toujours le problème de l’alcool ! » reprend Maître Fayat, en se disant convaincue que son client, soumis à une obligation de soins pourra s’en sortir d’autant qu’il est engagé dans une activité professionnelle.

Après en avoir délibéré, pour le premier dossier, le tribunal a condamné M. à 3 mois de prison avec sursis avec mise à l’épreuve pendant 24 mois, avec obligation de soins et obligation d’indemniser les victimes. Les deux gendarmes sont reçus dans leur constitution de parties civiles et se voient octroyer chacun la somme de 250 €.

Concernant le second dossier, M. écope d’une peine de 3 mois de prison avec sursis, 120 heures de travail d’intérêt général à accomplir dans un délai de 18 mois. « Arrêtez l’alcool ; c’est votre dernière chance ! » lance la présidente du tribunal en guise de conclusion.

JEAN-CLAUDE BONNEMÈRE

Source : Actu.fr

 

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