Trémuson. Une prestigieuse décoration à la Tourelle-d’Argent

Un moment émouvant pour Yves Rivoal et ses enfants, entourés du préfet, Yves Le Breton, Bernard Lixon et des représentants des associations d'anciens combattants, d'élus trémusonnais et de l'agglomération.
Un moment émouvant pour Yves Rivoal et ses enfants, entourés du préfet, Yves Le Breton, Bernard Lixon et des représentants des associations d’anciens combattants, d’élus trémusonnais et de l’agglomération. | Ouest-France

 

Résident depuis 2013 de la résidence Tourelle-d’Argent, à Trémuson (Côtes-d’Armor), Yves Rivoal a été élevé au grade de chevalier de la Légion d’honneur. Il a intégré la Résistance en décembre 1943 et a été déporté en 1944.

Un événement, plutôt rarissime, s’est déroulé, lundi, à la Tourelle d’Argent, en présence du préfet, Yves Le Breton. C’est le deuxième événement du genre au sein de cet établissement. Bernard Lixon, président de la section des membres de la Légion d’honneur des Côtes-d’Armor, a remis l’insigne de chevalier de la Légion d’honneur à Yves Rivoal, âgé de 94 ans.

La musique pour oublier la Déportation

Ce dernier a été élevé à ce grade par décret du 26 avril 2018. Il a vu le jour le 13 mars 1924, à Guingamp. « En décembre 1943, il rejoint les rangs de la Résistance intérieure au sein des francs-tireurs partisans du 13e bataillon des Côtes-du-Nord, à l’époque , relate Bernard Lixon. Courageux et déterminé, il se distingue particulièrement par de nombreuses actions de guérilla. »

Le 7 avril 1944, Yves Rivoal est arrêté à Lanvollon et livré à la Gestapo. Il sera emprisonné à Guingamp, Angers et Compiègne, puis déporté au camp de concentration de Dachau, le 2 juillet 1944. « Il y subira sévices et privations », poursuit Bernard Lixon.

« Très affaibli et malade, il sera libéré le 27 mai 1945 et obtiendra une pension militaire d’invalidité. » Revenu à la vie civile, il va retrouver le goût de la joie et du bonheur, perdus dans l’enfer d’un camp d’extermination. Ce sera notamment le cas le jour ou il rencontre Marie Lhostis, qui deviendra sa femme en 1951. De leur union naîtront Yvon et Nicole, deux petits-enfants et deux arrières-petits-enfants. Yves Rivoal se passionne pour la musique et notamment pour le piano à bretelles. Au point de créer un petit orchestre avec son épouse. « Dans les années 50, ils animent les bals de la région de Paimpol et de Plouha et interviennent aussi dans les écoles et les foyers- logements », précise Bernard Lixon.

Le temps passe et l’accordéoniste se retrouve seul après le départ de Marie vers un autre monde. En 2013, il intègre la résidence de la Tourelle-d’Argent. « C’est un grand bonheur de lui avoir rendu cet hommage, tant mérité », a conclu l’officier. « Nous sommes très fiers que mon père puisse recevoir cette médaille », a déclaré sa fille, Nicole, très émue en ces instants poignants.

Source : Ouest-France

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