Communiqué de presse Collectif LIBRe Ariège, le 20 avril 2026

Réponse aux déclarations du Préfet de l’Ariège du 19 avril 2026

Le Collectif LIBRe condamne fermement toute forme de haine, d’insultes, de menaces ou d’appels à la violence, quels qu’en soient les auteurs.

Nous regrettons cependant que le Préfet Hervé Brabant cherche à faire l’amalgame entre ces messages isolés et notre mouvement pacifique et légal, dans le but de discréditer la contestation légitime des éleveurs.

Les faits sont clairs :

Pour vacciner les 30 vaches de Christelle Record, le Préfet a déployé un dispositif exceptionnel et coûteux : 120 gendarmes, une sous-préfète, des vétérinaires et une opération menée dès l’aube au Baulou. Cette intervention massive, réalisée alors que des recours étaient en cours, soulève une question évidente de proportionnalité.

Le Préfet avait pourtant été alerté par nos avocats sur la jurisprudence de la 3ème chambre civile de la Cour de cassation selon laquelle seuls les agents expressément habilités et désignés par l’ordonnance du juge des libertés et de la détention peuvent, sans l’assentiment exprès de l’occupant, pénétrer dans un domicile ou un local comprenant des parties à usage d’habitation et que la présence d’un trop grand nombre de fonctionnaires de police non désignés vicie l’opération, même si leur rôle est présenté comme « pacificateur ».

De plus, les fonctionnaires et agents publics agissant dans le cadre d’une mission de service public doivent être pleinement identifiables. Or, un tel déploiement de force a rendu impossible l’identification de tous les intervenants présents, empêchant tout contrôle effectif du respect des règles légales et des droits fondamentaux. Ces irrégularités graves vicient l’opération et seront soulevées devant la justice.

Lors de cette intervention, les méthodes employées ont été particulièrement brutales envers les animaux : les vétérinaires ont procédé à des tirs de fléchettes à bout portant sur de jeunes veaux parqués dans une étable, alors que des injections manuelles classiques auraient été possibles, moins traumatisantes et plus respectueuses du bien-être animal. Ces pratiques paraissent contraires aux règles déontologiques de la profession vétérinaire et aux standards de bientraitance que l’État a pour mission de garantir.

Cette action a malheureusement mis fin à l’exploitation vertueuse et exemplaire de Christelle Record, fondée sur un modèle d’élevage « santé globale » sans intrants, reconnu pour sa qualité. Le Préfet Hervé Brabant lui-même était client des produits de son exploitation et connaissait donc parfaitement la rigueur et la valeur de son travail. En quelques heures, des années d’efforts, de sélection naturelle et d’engagement pour un élevage respectueux du vivant ont été brisées.

Cela ne peut pas continuer ainsi. L’Ariège est déjà vacciné à plus de 99,9 %. Les éleveurs du Collectif LIBRe ne représentent plus aujourd’hui qu’une cinquantaine de vaches sur les 73 000 du département. En outre, aucune vache n’est morte de la DNC en France, et la mortalité liée à cette maladie est bien moindre que ce que le Préfet surévalue (10 % maximum au grand maximum).

Par ailleurs, des cas ont été récemment détectés en Sardaigne dans des troupeaux pourtant vaccinés (dont des veaux issus de mères vaccinées). Ces faits nouveaux plaident pour une suspension immédiate des opérations de vaccination forcée et une réévaluation scientifique urgente de la situation, de l’efficacité réelle du vaccin et de ses éventuels effets secondaires.

Le Collectif LIBRe demande :

– La reconnaissance de la disproportion des moyens déployés et des irrégularités de l’intervention qui a eu lieu chez Christelle Recrod ;

– L’ouverture d’un dialogue et d’une médiation avec les éleveurs sur des protocoles adaptés aux élevages extensifs ;

– Des alternatives sérieuses à la vaccination forcée, tenant compte de la réalité épidémiologique et des données récentes venues de Sardaigne ;

– La réparation du préjudice subi par Christelle Record et par les autres éleveurs du collectif, victime de ces mesures de vaccination forcée.

Nous poursuivrons notre combat par toutes les voies légales et avec détermination et responsabilité.

La liberté d’élevage et la préservation des modèles paysans vertueux sont des enjeux majeurs pour l’avenir de notre agriculture.

Nous restons disponibles pour une rencontre constructive avec les autorités à la préfecture, dans un esprit d’apaisement et de respect mutuel. Nous renouvelons notre demande de médiation auprès du Préfet de l’Ariège

Le Collectif LIBRe

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