80 km/h. La «sécurité rentière» dans le viseur

Manifestations, pétitions, lettres ouvertes… L’abaissement à 80 km/h de la vitesse maximale autorisée sur 400.000 km de routes a déclenché une fronde chez les motards et automobilistes. Les associations qui les défendent veulent empêcher son entrée en vigueur. Ce samedi, des opérations sont prévues à Paris, mais aussi à Toulouse et Montpellier…

La limitation de la vitesse à 80 km/h sur le réseau secondaire mobilise. Plusieurs manifestations sont organisées, aujourd’hui, à travers la France, à l’appel de la Fédération française de motards en colère (FFMC) et de l’association 40 millions d’automobilistes. Le week-end dernier, des défilés ont rassemblé plusieurs milliers de personnes. D’autres actions sont prévues la semaine prochaine.

Les explications données, le 9 janvier, par le Premier ministre, Édouard Philippe, pour justifier la mesure ont hérissé nombre d’usagers de la route, motards en tête. « Avec cette mesure, on ne cherche pas à éviter que les accidents surviennent, ce qui relève du comportement des automobilistes et de l’état des infrastructures, mais on essaie de limiter l’impact. C’est un pansement sur une jambe de bois », estime Didier Renoux, porte-parole de la FFMC.

Officialisé jeudi, le bilan de la mortalité routière pour 2017 n’a fait que renforcer leur conviction : le nombre de morts a baissé, l’an passé (3.693 tués, -1,2 %), après trois années de hausse. Au coeur du débat : l’efficacité de la mesure. Selon le gouvernement, baisser de 10 km/h la limitation de vitesse sur l’essentiel du réseau secondaire permettrait de sauver « 350 à 400 vies » par an. Des chiffres contestés par les opposants.

La grogne remonte jusqu’au Parlement

 

Les conclusions de l’expérimentation menée, entre 2015 et 2017, sur 86 km de routes, sont, elles aussi, remises en cause. « Le seul résultat concret, c’est la multiplication par trois ou quatre des flashes de radars », ironise le président de 40 millions d’automobilistes, Didier Renoux, dénonçant une « sécurité rentière » et une « politique tournée vers plus de répression ». La FFMC a lancé une pétition qui revendique plus de 30.000 signataires.

La grogne est remontée jusqu’au Parlement. À la demande d’une cinquantaine de sénateurs, un groupe de travail sur la sécurité routière a été créé à la Chambre haute pour « évaluer l’utilité de cette mesure », explique un de ses membres, le sénateur (LR) de Haute-Saône, Michel Raison. « Je discute avec mes collègues de tous bords, on n’a jamais vu autant de remontées d’administrés allant dans le même sens. Il y a une vraie contestation », souligne-t-il.

Certains élus LREM ont également fait part de leur réserve. « C’est mal vécu dans les territoires ruraux. Sur la vitesse, il faut du cas par cas. Pas mal de députés de la majorité sont sur cette ligne et l’ont fait savoir », souligne le député de Gironde, Benoît Simian.

Source : Le Télégramme

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