1,8 milliard pour réparer les avis de taxe d’habitation de Bercy : le contribuable paie l’erreur de l’administration
Auteur(s) France-Soir Publié le 11 septembre 2026 – 08:52

Un avis d’impôt est parti chez un garçon de 11 ans, un autre chez une fillette de deux ans et demi, et Le Figaro Immobilier raconte que l’administration réclamait à ces enfants quelques centaines d’euros comme s’ils tenaient un pied-à-terre. Derrière l’anecdote, qui ferait sourire si elle n’était pas payée par tout le monde, se tient un chiffre plus lourd : 1,8 milliard d’euros, c’est ce que les erreurs de Bercy sur la taxe d’habitation des résidences secondaires ont coûté à l’État en 2023 et 2024 et par extension au contribuable qui finance ce même État.
Quand un locataire oublie de déclarer son départ, le logement bascule dans la case résidence secondaire, la commune applique la majoration autorisée jusqu’à 60 % dans les villes éligibles, et l’avis part au propriétaire. Ailleurs, un propriétaire déclare simplement ses enfants, le fisc les traite en « occupants bis » et taxe le toit familial comme une maison de vacances. Les communes encaissent. Quand le contribuable obtient gain de cause, Bercy rembourse, et les mairies gardent le trop-perçu, puisque « les produits versés à tort sont restés acquis aux collectivités », selon le ministère.
Cela donne 1,3 milliard de dégrèvements en 2023, dont 995 millions pour les seules résidences secondaires, puis plus de 800 millions en 2024, et plus de 2 milliards si l’on ajoute les logements vacants. Dès janvier 2025, Le Monde décrivait déjà le fiasco de l’outil « Gérer mes biens immobiliers », lancé pour 13 millions d’euros, facturé plus de 56 millions, et à l’origine d’une première vague de 1,3 milliard que la Cour des comptes avait qualifiée de ratage.
Deux ans plus tard, la facture n’a pas fondu, elle a encore gonflé. En 2025, Bercy assure que « la taxation est revenue à son niveau de 2022 », et David Amiel le répète au Sénat le 11 février 2026, alors que les recettes s’effondrent précisément là où l’erreur avait le plus rapporté : Paris -26 %, Nantes -48 %, Grenoble -56 %, Lille -57 %. Ce n’est pas une révolte fiscale. C’est le simple retour à la réalité après deux années de surtaxe à l’aveugle.
L’État sermonne les Français sur le déficit pendant qu’un logiciel mal calé transforme des résidences principales en résidences secondaires, puis il sort le chéquier pour rattraper le coup. L’avocat Jean-Pascal Michaud est clair quand il dit que « le contentieux a été lancé contre l’administration fiscale qui est la seule fautive », les communes n’ont rien à rendre. On peut majorer une résidence secondaire. Encore faut-il savoir laquelle. Pendant deux ans, Bercy n’a pas su.
Source : France Soir
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