112 appartements de la gendarmerie cambriolés

Les appartements des tours inoccupées de la caserne ont été dépouillés.

Les appartements des tours inoccupées de la caserne ont été dépouillés. |

À Saint-Herblain, près de Nantes, deux tours inoccupées de la caserne Pelletier ont été dépouillées par des voleurs de métaux. Nuit après nuit, câblages électriques et canalisations en cuivre ont disparu.

Certains gendarmes préfèrent en rire. Alors qu’ils courent toute l’année après les voleurs de cuivre sur les chantiers, les voilà pillés à domicile… À Saint-Herblain, des inconnus plutôt gonflés sont venus se servir directement sur un terrain militaire. Celui de la caserne Pelletier, avec ses trois tours dressées légèrement en retrait de l’avenue de la Baraudière, dans le quartier Beauséjour. Le pot aux roses a été découvert il y a une dizaine de jours.

Lundi 16 mars, en promenant son chien au petit matin, un gendarme résidant dans l’une des trois tours a repéré deux ombres s’affairant autour des deux autres immeubles, de douze et seize étages. Ces derniers sont inoccupés depuis près d’un an, conséquence du regroupement des gendarmes à Nantes (1).

Les deux silhouettes se sont évanouies dans la nuit. Stupéfaction des gendarmes en montant dans les étages : les cent douze appartements avaient été passés au peigne fin de l’amateur de métaux et dépouillés.

Les visiteurs savaient ce qu’ils cherchaient : dans chaque logement, les câblages électriques ont été consciencieusement arrachés et les conduites en cuivre dérobées.

Nuit après nuit, mais personne ne sait depuis quand, les auteurs de ces vols ont fait dans la méthode.

Grillage découpé

L’équipe, que les gendarmes imaginent « organisée et très rapide » a facilement contourné le dispositif de surveillance « aléatoire » mis en place pour sécuriser le site : « En lien avec la police, nos services effectuent des rondes régulières et l’ensemble des accès a été fermé ou renforcé depuis le début de l’automne », explique le colonel Gérard Escolano, commandant en second de la région et du groupement de gendarmerie de Loire-Atlantique. « Mais au vu de nos moyens, c’est compliqué et coûteux de parer à toute intrusion dans cette zone vide. »

Pour s’introduire sur ce site interdit à toute circulation, les visiteurs ont découpé le grillage et pénétré dans les immeubles par un soupirail du sous-sol.

Au prix du métal, et à la vue des dégradations commises dans les appartements, à combien estimer le préjudice subi par l’État ? « Ça peut vite se chiffrer en dizaines, voire centaines, de milliers d’euros. » Des sommes qui devront être affinées avant que ces immeubles, « en excellent état au moment du départ des locataires », ne trouvent acquéreur. Car le site, propriété de l’État, est en vente.

En attendant, les gendarmes mènent l’enquête et espèrent bien mettre la main sur ces cambrioleurs culottés.

(1) La troisième tour est encore habitée, en attendant le déménagement des dernières familles, prévu d’ici un à deux ans.

Source : Ouest-France

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