Vive émotion après le suicide d’un interne en médecine générale au CHU de Reims

23 févr. 2021

xdeuil-suicide-interne-200.jpg.pagespeed.ic.4jAPLc61khQuasiment un an jour pour jour après le suicide d’un interne en anesthésie/réa au CHU de Reims, un étudiant qui faisait son internat en médecine générale dans le même établissement vient de mettre fin à ses jours par pendaison. Ce triste fait divers porte à 4 le nombre de suicides à avoir endeuillé la communauté médicale depuis le début de l’année.

Il s’appelait Tristan, il était originaire de Rouen. En 2017 il termine à la 22e position de sa Première année commune aux études de santé. Il intègre alors la faculté de médecine de Reims en 2017 puis le CHU de la même ville pour réaliser son internat en médecine générale. Sa sœur le décrit comme passionné, intelligent et empathique.

L’émotion palpable sur les réseaux sociaux

« C’est avec une profonde tristesse que nous avons appris le décès brutal de Tristan Lacoume. Ensemble, nous adressons à ses parents, sa famille, ses proches nos sincères condoléances et les assurons de notre soutien dans ces moments difficiles. » Regrettent N Pham (Doyen de l’UFR de médecine de Reims) et A Hurtaud (Coordonnatrice du DES de Médecine Générale) dans un post publié sur Facebook.

Le Comité des Internes de Reims Champagne-Ardenne (CORC) a annoncé la mise en place ce mardi d’une cellule de soutien psychologique qui pourra recevoir les internes en présence de la Doyenne. Une minute de silence sera organisée à 12 h 30 devant la faculté du pôle santé.

« Ce qui est terrible, c’est que la seule chose qui a changé en un an, c’est le prénom… », relève Théo après avoir débusqué les condoléances adressées il y a un an.

La famille et les collègues évoquent une immense pression

«Les pressions subies sont réelles ainsi que les répercussions désastreuses qui vont avec et qui brisent le mental de vos personnels, nos frères ou nos sœurs. Ce n’est pas le premier suicide dans le milieu médical et ne sera certainement pas le dernier.

La détresse qui a poussé Tristan à se donner la mort (par pendaison) est certainement celle ressentie par plein d’autres internes.»  Nolwenn sur Facebook

Pour Jessisa, « Il faut agir avant et prendre des mesures fortes pour stopper ce fléau et comprendre qu’il y’a de réelles difficultés dans nos métiers qui peuvent nous faire arriver la…D’autant plus en ces temps difficiles de confinement où nous sommes coupés de nos proches »

Sa sœur s’est longuement confiée pour le magazine WhatsUPDOC. Si elle dépeint son frère comme quelqu’un de « fort, honnête et droit », elle détaille aussi un côté « grande gueule » et une capacité à s’attirer des ennuis

« il l’ouvrait facilement pour se dresser contre les injustices (un vrai “Zorro”), il ne pouvait pas s’en empêcher. »

Le non-respect des recommandations à l’origine d’un différend?

« il se plaignait d’être malmené par un de ses seniors à Troyes, de la surcharge de travail et, pour quelques médecins qu’il côtoyait ou avait côtoyés, du manque de rigueur et de l’absence de suivi des recommandations actuelles. Malheureusement, je pense que tout le monde n’avait pas la conscience professionnelle de Florian. »

« Je pense qu’il a momentanément manqué de lucidité, parce qu’il était dans un contexte professionnel difficile avec des troubles du sommeil et du stress. »

L’ISNAR dénonce des conditions de travail désastreuses et somme les ministres d’agir

L’InterSyndicale Nationale Autonome Représentative des Internes de Médecine Générale alerte depuis des années les autorités de tutelle sur la fragilité de la santé mentale des internes.

Elle se demande combien de drames seront nécessaires pour que le les ministères de la Santé et de l’Enseignement supérieur prennent le taureau par les cornes sur cette question.

Le syndicat des internes insiste sur deux revendications majeures :

  • Garantir un respect strict du temps de travail des internes
  • Proposer aux internes des recours réglementaires pour dénoncer un encadrement et un management défaillant

[Communiqué de presse] Combien de drames faudra-t-il encore ?

Nous apprenons avec émotion le décès brutal d’un interne. Il s’agit du 4ème depuis le début de 2021. La tristesse ressentie laisse désormais place à la colère. pic.twitter.com/QVTzfRT8pW

— ISNAR-IMG (@ISNARIMG) February 22, 2021

 

Source : Caducee.net

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