Pendant la crise, pas de confinement pour la critique des médias !

 

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- Crise sanitaire et information en direct

Le suivi « en temps réel » de la progression d’une pandémie (notamment via les chaînes d’information en continu) est un phénomène inédit en France. On assiste à une profusion de sujets, « notable quantité d’importance nulle », face à la nécessité permanente de renouveler les angles, et de faire « du neuf » (selon le mécanisme traditionnel du remplissage).

On pense également à la multiplication de « reportages » en direct de rues ou de places vides, qui « font vivre » et entretiennent une information « en temps réel », autant qu’ils fournissent aux médias les images télégéniques voire spectaculaires dont les médias raffolent.

Si ces reportages informent de facto sur le confinement, la surface médiatique qui leur est accordée interroge, sur un temps plus long, quant aux hiérarchies éditoriales.

Mais le traitement médiatique de la crise sanitaire pose une autre question : celle de la discordance entre le temps du savoir scientifique et le temps de l’information en continu.

Une question qui se pose également à d’autres moments, lors d’attentats par exemple : le ballet des « experts » et des hypothèses hâtives, en particulier sur les chaînes d’information en continu, impliquent inévitablement la diffusion de faux pronostics et de fausses informations, par la suite rectifiés… ou non. Le tout… en continu.
- Les « experts » médiatiques

Si les éditocrates et commentateurs traditionnels sont toujours en première ligne, la crise sanitaire fait (ré)émerger sur le devant de la scène médiatique deux catégories particulières : les experts « santé » et les experts « économie ». Concernant les premiers : au-delà des imposteurs et « médecins de la télé » – dont Michel Cymès est un cas exemplaire.

De très nombreux médecins, aux pedigrees très divers, se sont rendus sur les plateaux. Certains relativisant l’ampleur du risque, d’autres, au contraire, beaucoup plus préoccupés par la situation.

Une conséquence : la diffusion, au fil des jours (voire des heures !) de messages contradictoires (sur la durée de l’épidémie, la nécessité du port de masques, le temps de conservation du virus sur une surface, l’efficacité des tests de dépistage, et cætera) qui ne peuvent générer dans l’esprit du public profane que la plus grande confusion.

C’est notamment dans de telles situations que l’on regrette l’absence ou la rareté d’un journalisme scientifique compétent dont le rôle consiste précisément à trier, encadrer et commenter les discours d’« experts » plus ou moins éclairés, à faire le pont entre eux et le public.

Informer le public ne relève pas d’un travail d’expert, mais de journaliste. Comme en économie, la parole des « experts » médicaux est par ailleurs rarement replacée dans son contexte, ce qui serait pourtant nécessaire compte tenu du fait que :

1) les connaissances sont partielles puisque les recherches autour du virus sont loin d’être achevées ;

2) les avis sur la pandémie et les moyens de lui faire face peuvent différer dans les milieux les plus spécialisés ;

3) tout « professionnel de santé » qu’il soit, un médecin n’est pas nécessairement spécialiste du covid-19, et des disciplines spécifiques existent dans le champ scientifique (et médical) lui-même (épidémiologie, virologie, infectiologie, etc.).

Source : Acrimed

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