Nantes : le gendarme qui avait placé une balise sur la voiture de son couple relaxé

A Nantes, cet homme de 49 ans était suspecté d’avoir posé une balise GPS sur la voiture de sa femme. Il a été relaxé.

 

Un ancien commandant par intérim de la brigade de recherches de Nantes a été relaxé lundi du délit de « collecte de données personnelles par moyen frauduleux », alors que le parquet lui reprochait d’avoir posé une balise GPS sur une voiture de son couple à l’insu de sa femme, avec qui il était en instance de divorce.

 

Cet homme a également été relaxé par le tribunal correctionnel de Nantes du délit de « détournement de bien public » : il est apparu que le traqueur n’appartenait en fait pas à la gendarmerie, mais qu’il lui avait été en réalité prêté par « un copain » rencontré dans le cadre du travail – qui l’avait autorisé à l’utiliser « à des fins personnelles ou professionnelles ».

 

En attendant, ce gendarme – qui se décrit volontiers comme « atypique » - s’est dit « broyé » par ces poursuites judiciaires, sur lesquelles sa hiérarchie s’est d’ores et déjà appuyée pour prononcer sa mutation « dans l’intérêt du service » dans une brigade locale, après vingt ans passés en police judiciaire.

Cette affectation – qui a également contribué à ce qu’il perde la garde de ses filles devant le juge aux affaires familiales – résulte selon lui des « petits arrangements » entre le commandement de la gendarmerie et le parquet, la plainte de son ex-femme servant de « prétexte » pour appliquer une rotation des effectifs à laquelle cette « forte tête » est réfractaire.

 

« PEUR DE LA MEDIATISATION »

 

L’homme – qui contestait depuis le début avoir commis le moindre délit dans l’histoire – avait ainsi déjà refusé d’être jugé lors d’une précédente comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), une audience dite de « plaider-coupable » en partie à huis-clos, comme le lui avait pourtant imposé le parquet de Nantes « par souci de discrétion ». Sa hiérarchie avait également « peur de la médiatisation » de la plainte de son ex-femme, affirme le mis en cause.

 

L’enquête à son encontre avait en fait démarré après que sa femme ait été intriguée par un de leurs échanges de SMS, à l’été 2014 : après lui avoir indiqué qu’elle était bien arrivée avec leurs deux filles sur leur lieu de vacances en Bretagne, sans préciser lequel, il lui avait en effet répondu « Bonnes vacances à Trébeurden »... Elle avait alors alors conduit sa Citroën DS 3 chez un garagiste, qui avait découvert le traqueur caché au niveau de l’essieu arrière gauche.

 

A l’audience, le 18 mai, cet adjudant de 49 ans avait expliqué vouloir en fait récupérer à tout prix cette voiture, qu’il avait achetée un an auparavant à sa femme en guise de « réconciliation », et dont il continuait de payer les traites : leur couple ayant à nouveau du plomb dans l’aile, il s’était décidé à la revendre pour financer son déménagement.

 

Son ex-femme refusait toutefois de lui remettre clés et carte grise, qui était au nom du prévenu. Elle faisait également en sorte de la garer à tout moment dans un parking à enclos, auquel elle seule avait accès.

 

« EN DESESPOIR DE CAUSE »

 

Le gendarme avait donc fait poser la balise GPS « en désespoir de cause », après « six mois de négociations sans résultat », pour savoir à quel moment la Citroën DS 3 serait dans la rue, pour qu’un garagiste de sa connaissance vienne « réencoder » sur place la clé de démarrage. « Je voyais mon ex-femme partir au ski et faire des cures de thalasso dans le Sud-Ouest… Je ne voulais pas que la voiture décote trop vite », avait expliqué à l’audience le militaire.

 

L’ancien commandant de la brigade de recherches de Nantes s’était par ailleurs défendu de toute « filature » clandestine : il disait avoir trouvé par hasard l’adresse de vacances de son épouse, en allumant l’ordinateur de la maison familiale. Une « restauration de la dernière session d’utilisateur » avait fait apparaître l’adresse de Trébeurden sur le site Mappy.

 

« Au moins quatre mois de prison avec sursis » avaient néanmoins été requis à l’audience contre l’ancien commandant de la brigade de recherches de Nantes, que les « boeufs-carottes » de l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) avaient comparé au commissaire lyonnais Michel Neyret devant certains protagonistes de l’affaire.

 

« Ce n’est pas de gaieté de coeur que le ministère public requiert aujourd’hui contre quelqu’un qui a donné toute satisfaction dans le cadre de son service », avait déclaré pour sa part le procureur de la République. « Mais il a manifestement dérapé, dans le cadre d’un conflit privé extrêmement banal devant nos juridictions. »/GF

Source : RCA

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