Le poison racialiste ou l’exigence pour tous…

J’en ai plus qu’assez de cette obsession de la couleur de peau.

De la part de la malfaisance des racistes comme de la dénonciation des antiracistes.

Depuis quelque temps, au fil des polémiques, des manifestations, des haines et des approximations, à cause de la volonté perverse de minorités prétendant constituer la France en séparatismes hostiles les uns aux autres au pire ou au mieux indifférents, notre pays glisse sur une pente maléfique où l’éclatement ne se repent même plus de se greffer sur la couleur de peau mais s’en félicite.

Affirmer qu’on appartient tous à la communauté humaine, que la France est notre bien commun et qu’elle devrait se moquer de nos origines est une banalité mais il est plus que jamais nécessaire, en ces temps chahutés où le pouvoir comme beaucoup de citoyens perdent leurs repères, de rappeler cette évidence.

Le racialisme n’est pas un humanisme. Il en est même l’exact opposé et ma conviction ne serait pas entamée au prétexte faux que l’humanisme serait une création des blancs et le paravent de l’exploitation.

Pour revenir à une démocratie digne de ce nom qui fuirait radicalement les distinctions de peau mais s’attacherait à l’universel de la qualité des êtres et de la rectitude des comportements, deux exigences à respecter absolument seraient prioritaires.

Une exemplarité du pouvoir dans toutes les extériorisations de son rôle et dans tous ses registres. Pas seulement sur le plan de son éthique ni dans son rapport avec la Justice.

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Cela devrait aller au-delà des convictions politiques qui suscitent des désaccords qu’une République bien ordonnée est fière de laisser advenir mais, plus globalement, instiller dans l’esprit public la certitude d’une équité irréprochable, d’une appréhension, sans aucune discrimination, de l’ensemble des citoyens qui, français, ont droit au même traitement attentif, à la même vigilance, à cette égalité concrète qui n’est pas exclusive de la différence des insertions et des situations.

Et des étrangers qui, vivant sur notre sol, respectent ses lois.

Mais, pour que ce processus ait du sens, il convient de favoriser la réciprocité. Les obligations auxquelles le pouvoir doit se soumettre et ce que son autorité, son courage et son souci du rassemblement et de l’unité doivent imposer. Pour que la France ne continue pas d’être une société fracturée en un racialisme qui aspire à la dissidence et proteste en même temps contre elle, il est essentiel que l’Etat, l’état de droit, les institutions régaliennes fassent preuve de la même sévérité à l’égard de tous et où que soit sur le territoire national. Rien n’est pire que cette impression d’un « deux poids deux mesures » qui ne serait justifiable que si l’argumentation publique était capable d’en fournir une explication cohérente et plausible.

Ce n’est malheureusement pas le cas sous ce quinquennat où le délitement et la faiblesse, aux antipodes de l’ordre républicain, n’ont fait que renforcer l’impérieuse domination de minorités vindicatives pourtant de n’être pas assez considérées.

Le racialisme n’est pas un humanisme mais l’humanisme prescrit de faire fi de la couleur de peau pour que tous soient également servis, protégés, respectés, poursuivis et condamnés. La seule manière décisive de retrouver, de restaurer une France unie est d’avoir l’audace – et le sens républicain – d’une bienfaisance collective et, s’il le faut, d’une rigueur ciblée mais sans crainte.

On va protester qu’il s’agit de voeux pieux, de naïveté. Je ne crois pas. Il suffit, alors que le diagnostic est partagé par tous, de se battre pour guérir le pays et le remobiliser civiquement, de refuser ce qui le dissout, d’appliquer ce qui le sauve.

Sans complaisance mais avec justice.

Source : Philippe Bilger

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