Après s’être lavés les dents, ils s’évadent de la gendarmerie

Les réquisitions de la procureure Charlotte Beluet ont été suivies à la lettre par le tribunal dans ce dossier de double évasion/ Photo DDM archives Jean-Marie Lamboley.

Les réquisitions de la procureure Charlotte Beluet ont été suivies à la lettre par le tribunal dans ce dossier de double évasion/ Photo DDM archives Jean-Marie Lamboley.

 

-Monsieur nous souhaitons nous laver les dents…

-Mais faites donc!

En garde à vue à la brigade de gendarmerie de Gimont, deux jeunes toulousains prirent ainsi la clé des champs par une porte qui était… ouverte. Il leur fallu sur la lancée franchir le mur d’enceinte haut de 1,80 m. Puis direction la gare où ils espéraient monter dans un TER qui les ramènerait à la Ville Rose… Point de train alors mais bientôt un hélicoptère de la gendarmerie qui dans le cadre d’un plan Epervier vint survoler «la zone» à la recherche des deux fuyards finalement repris dans l’heure. Depuis la maison d’arrêt de Seysses où il est detenu «pour autre cause»», Fayçal entendu par vidéo-conférence, répond «rien ne vaut la liberté!» à la présidente qui lui demande d’expliquer cette évasion dont il pouvait se douter qu’elle ne ferait qu’aggraver son cas. Peu loquace le jeune homme. Quant à son complice Yassin, la justice est pour l’heure sans nouvelles de lui. Le duo avait été intercepté par les gendarmes à Gimont, au volant d’une voiture volée vers 2 heures du matin début décembre 2016. C’est quelques heures plus tard que les deux copains en garde à vue avaient éprouvé le besoin. de se laver les dents! Avec déja 12 condamnations au casier judiciaire à 23 ans, Fayçal déjà condamné quand il était mineur, n’a tiré aucun profit d’un système judiciaire bienveillant à son égard, souligne la procureur. «S’il ne se ressaisit pas il va vivre sa jeunesse et sa vie en prison». Elle en veut pour preuve que depuis l’épisode de Gimont, le jeune homem qui se dit peintre en bâtiment, a franchi au moins un palier supplémentaire sur l’échelle de la délinquance dure. Six mois fermes requis, six mois fermes prononcés. Jugé sans avocat, il n’avait «rien à dire» au tribunal avant ce prononcé de peine et il n’a rien ajouté si ce n’est «merci» avant de. rendre l’antenne. Pour Yassin, 20 ans dont le casier est un peu moins encombré, la peine de quatre mois fermes correspond aussi aux réquisitions.


Voiture confisquée..

L’un écope de six mois de prison ferme (peine aménageable), les cinq autres du sursis. Et l’obligation de rembourser les parties civiles. 1594,5€ pour le foyer rural d’Aubiet, 600€ pour la mairie de Réjaumont, autant pour son comité des fêtes. La liste est longue de particuliers, d’entreprises, de clubs dont celui de football à Castéra-Verduzan, de mairies (Saint-Puy, Montestruc, Jégun, Duran…) qui ont été cambriolés par ces jeunes hommes courant 2016 et cette année. Ces vols par ruse, en réunion, plusieurs vols aggravés , des dégradations ou détériorations ainsi que l’usage illicite de stupéfiants leur avaient valu de comparaître en correctionnelle le 28 novembre dernier. Leçon leur est faite par le tribunal : «le sursis tombera au prochain écart». Et rembourser les victimes veut dire. rembourser! La voiture du principal condamné lui est confisquée car elle a été utilisée pour les virées. «Cette voiture est en copropriété avec ma sœur». Le tribunal ne revient pas sur sa décision.

B.D.

Source : La Dépêche

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