Une nuit en immersion avec les gendarmes

Sécurité – Haute-Garonne – Haute-Garonne

À la recherche d'une Clio, les gendarmes ont mis en place un point de contrôle à Cugnaux./ Photo DDM Frédéric Charmeux À la recherche d’une Clio, les gendarmes ont mis en place un point de contrôle à Cugnaux./ Photo DDM Frédéric Charmeux

Chaque nuit, des dizaines de gendarmes assurent la sécurité des citoyens en Haute-Garonne. Reportage d’une nuit en immersion au sein de leurs patrouilles.

22 heures, samedi, un homme se présente devant les grilles du commissariat de Cugnaux. Il boite. «Je viens de me faire renverser par une Clio.» Le lieutenant Bénédicte Pontiès, responsable de la communauté de brigades, le fait entrer. Rapidement, un équipage se rend dans le secteur à la recherche de la voiture.

La radio grésille dans le véhicule banalisé du lieutenant, direction le Vivier, un quartier du centre-ville de Cugnaux classé en zone de sécurité prioritaire (ZSP). «Les coursives ne nous facilitent pas le travail. Quand il y a une bagarre, c’est une envolée de moineaux. Ils savent qu’on est là rapidement.» Pas de Clio.

Plusieurs véhicules de gendarmerie sont désormais positionnés à un rond-point entre Cugnaux et Toulouse. «C’est un axe structurant de la circonscription. Tout droit, on est directement dans les quartiers toulousains.» Car la ZSP de Cugnaux et celle du Grand Mirail sont voisines et les délinquants naviguent dans ce secteur. «Il existe peu de ZSP mixtes en France. La gendarmerie et la police nationale travaillent chacunes sur leur zone de compétence mais nous échangeons nos renseignements et travaillons ensemble ponctuellement sur des événements particuliers, notamment avec la BAC Mirail.»

Le PSIG (peloton de surveillance et d’intervention), venu renforcer le contrôle au rond-point, doit partir. «Une femme a signalé un fourgon blanc inconnu stationné dans son quartier à Brax.» Elle pense à des cambrioleurs. Une trentaine de kilomètres à parcourir. «Il faut vérifier». Une centaine de kilomètres avalés chaque nuit. «Nous sommes souvent les premiers intervenants. Il faut gérer l’événement, les secours et l’entourage, décrit l’adjudant Lareng, 12 ans de PSIG. J’ai vu l’évolution de la délinquance avec l’augmentation de la population. Il faut être passionné pour faire ça.» Conf (comprendre la radio) crépite : «Cambriolage à Plaisance-du-Touch», «Différend familial à Beauzelle»…

La patrouille croise le fourgon blanc recherché. L’équipe cynophile et le maître de chien qui la suit procès au contrôle. «RAS» !

Le PSIG continue sa route. 1 heure, sous la halle de Léguevin se trouvent trois jeunes. Ils sont contrôlés. Tout est en ordre.

La nuit, la compagnie du Mirail bénéficie de l’appui du groupe de surveillance et d’intervention depuis septembre 2013. «Il y a beaucoup de gendarmes dehors la nuit, observe le lieutenant. Dans ce secteur périurbain, on arrive vite à se renforcer.»

À quelques kilomètres de là, sur la base Francazal, l’hélicoptère est prêt à décoller, un renfort supplémentaire (lire ci-dessous).

*Reportage en immersion à l’initiative du Lt-Colonel Dahan


L’hélico, un outil en appui

Les gendarmes disposent d’un hélicoptère dédié, un EC 135 (qui a remplacé l’Écureuil), prêt à décoller 24 heures sur 24 et sept jours sur sept, à la demande de la gendarmerie, comme de la police, afin d’assurer de nombreuses missions, qu’elles soient de recherches, sur des personnes disparues, de traque, sur des personnes en fuite, ou de guidage, sur des opérations en cours.

Depuis quelques mois, le capitaine Martin Patier a pris la tête de la section aérienne de la gendarmerie (SAG), après le départ du lieutenant-colonel Le Goff. Dotée d’un outil à la pointe de la technologie, la SAG contribue, avec les hommes de son service, et l’hélicoptère sophistiqué, aux missions de gendarmerie et de police. «Notre phare de recherche nous permet d’éclairer l’équivalent de la surface d’un terrain de football comme si nous étions en plein jour, explique-t-il. La caméra dispose de plus d’un zoom de grande capacité de sorte que les images enregistrées peuvent être exploitées et, le cas, échéant, servir au parquet en cas de poursuites».

L’hélicoptère a une autonomie de 2 h 30 environ et est utilisé dans toute la Région. Vol de câbles SNCF, personnes disparues ou fuyards, les hommes à bord de l’hélicoptère disposent de moyens importants afin de venir en appui aux enquêteurs. Et lorsque l’on lui demande le coût d’une heure de vol, Walter Flandin, membre de la SAG, synthétise : «A combien estimez-vous le coût d’une vie ?»


Le chiffre : 24

heures >Sur 24. Chaque jour et à chaque moment, divers équipages de gendarmerie veillent à la sécurité des habitants de la Haute-Garonne. De nombreux moyens ont été mis en place afin d’assurer ces missions, notamment la nuit.

Source : La Dépêche

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