Une cyberattaque a touché les systèmes frigorifiques de Leclerc, Intermarché et Super U, des millions d’euros de produits de consommation détruits
Une cyberattaque visant les installations frigorifiques perturbe plusieurs enseignes de la grande distribution ce lundi 12 octobre 2026. Survenue dans la nuit de dimanche à lundi, elle a entraîné des hausses de température et la destruction de produits frais ou surgelés dans des magasins Intermarché et du réseau U. Les équipements concernés utilisent des systèmes de régulation du fabricant danois Danfoss

Photo: Gabriel BOUYS / AFP via Getty Images
12 octobre 2026
Cyberattaque sur des systèmes frigorifiques – Les consignes de température auraient été modifiées à distance, avec des hausses pouvant atteindre 50 degrés dans certains cas. Environ 150 Intermarché seraient touchés. Des établissements de Coopérative U et de Leclerc figurent également parmi les magasins affectés, mais le bilan national reste à préciser.
Le pilotage du froid pris pour cible pendant la nuit
L’attaque porte sur les dispositifs qui commandent et surveillent les installations frigorifiques. Ces outils permettent notamment de suivre à distance les congélateurs et les vitrines réfrigérées, de signaler une hausse anormale de température et de déclencher les opérations de dégivrage. Leur dérèglement a donc des conséquences directes sur les marchandises stockées.
D’après Le Parisien, d’anciennes versions du logiciel ont été piratées pour prendre le contrôle des équipements et augmenter leur température interne. Les premières informations décrivent ainsi une intervention sur la régulation du froid, plutôt qu’une simple panne des réfrigérateurs ou des congélateurs.
Des stocks perdus et une facture encore provisoire
Intermarché apparaît parmi les réseaux les plus touchés. Un premier bilan publié lundi matin fait état d’au moins 150 magasins concernés. Une communication interne de l’enseigne confirme l’incident et indique: « Plusieurs points de vente semblent impactés par une perte de leurs produits surgelés ».
Chez Coopérative U, moins d’une centaine de magasins seraient concernés. Les conséquences varient selon les établissements: un message interne précise que, dans les situations les plus graves, l’incident a pu conduire à jeter tous les produits frais. Ces pertes ne doivent donc pas être généralisées à l’intégralité des magasins touchés.
Le coût reste provisoire. Certains points de vente signaleraient des pertes pouvant atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros. Ces premières estimations concernent des situations locales, et non un montant consolidé pour l’ensemble des enseignes. À l’échelle nationale, la facture pourrait atteindre plusieurs millions d’euros.
Frigoristes et enseignes mobilisés pour rétablir les installations
Des cellules de crise ont été mises en place avec des entreprises spécialisées dans les installations frigorifiques. Leur intervention doit permettre d’accompagner les magasins concernés et de rétablir le fonctionnement des équipements. La mobilisation associe donc les équipes des distributeurs et les professionnels chargés des systèmes de froid, selon 01net.
Le président de Coopérative U, Dominique Schelcher, a confirmé publiquement l’attaque lundi matin. « Nos équipes sont pleinement mobilisées, en lien avec les frigoristes, pour rétablir la situation au plus vite », a-t-il déclaré. Il a également indiqué qu’une enquête « devra permettre de faire toute la lumière sur cette attaque ».
Intermarché organise parallèlement le réapprovisionnement, avec un traitement prioritaire des commandes exceptionnelles des magasins affectés. La remise en état des installations et le remplacement des stocks constituent deux volets distincts de la réponse. À ce stade, les informations disponibles ne permettent pas d’annoncer une date de retour à la normale pour l’ensemble des établissements.
Des équipements connectés à internet pour suivre une législation européenne
La réglementation européenne encadre la traçabilité des températures pour protéger les aliments surgelés. Le règlement (CE) nº 37/2005 prévoit, pour leur transport et leur stockage, des relevés à intervalles fréquents et réguliers, datés et conservés au moins un an. Ces obligations ont entraîné une surveillance automatisée par internet. « La connexion permet aussi une maintenance à distance et d’optimiser la consommation énergétique », selon le grand reporter Raphael Grably.
Les dispositifs de télésurveillance permettent de suivre les températures à distance et de déclencher des alarmes lorsqu’une hausse anormale ou un dysfonctionnement apparaît. Ces alertes peuvent aider les équipes à intervenir avant la dégradation des marchandises – ce qui n’a pas pu être le cas dans le cas du piratage.
Source : Epochtimes
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