Une convoyeuse de fonds se volatilise avec 260.000 euros

La police recherche une salariée de Loomis, soupçonnée d’avoir subtilisé près de 260.000 euros le 10 octobre dans un des centres franciliens du transporteur de fonds. Selon Europe 1, elle et son compagnon turc aurait été arrêté en Turquie avec des liasses de billets dissimulés dans leurs vêtements.

Une Toni Musulin au féminin. Une convoyeuse de fonds de la société Loomis – la même société de transport de fonds du célèbre convoyeur – est soupçonnée d’avoir pris la fuite après avoir dissimulé près de 260.000 euros dans son sac à main.

Le vol a eu lieu le 10 octobre dans l’un des centres franciliens de la compagnie, à Arcueil, dans Val-de-Marne. L’employée du service “caisse” – chargé de compter les billets ramenés par les convoyeurs de fonds – serait parvenue à dérober une caissette de billets. Elle aurait ensuite glissé le butin dans son sac à main, à l’intérieur du vestiaire. Pour maquiller le vol, elle aurait alors remis en place la caissette remplie de blocs de papier. Plusieurs caméras de vidéo-surveillance ont filmé la scène. “On la voit très bien sur la vidéo (…) Elle prend trois liasses dans une bannette, elle les met dans son sac et elle part tranquillement”, raconte une source proche de l’enquête.

La salariée est une ancienne gendarme

Le vol n’a été découvert que quelques heures plus tard par la société. Lors de l’arrêt comptable, comme à chaque fin de service, un “écart négatif” est constaté, a raconté Michel Tresch , le président de Loomis France à l’AFP. Après plusieurs vérifications, la justice a été saisie. Le parquet de Créteil, saisi d’une plainte le 13 octobre, a ouvert une information judiciaire pour “vol aggravé par salarié”.

L’employée, une ancienne gendarme de 28 ans, est depuis introuvable. Europe 1 évoque une Française, originaire du sud de la France, qui a passé “cinq ans au sein de la gendarmerie en tant que gendarme adjointe volontaire en Ile-de-France, une sorte de contrat de professionnalisation avant d’embrasser éventuellement la carrière”. La jeune femme, qui a échoué au concours de sous-officier, a rejoint la société de transport de fonds en mars dernier.

Arrêtée avec des liasses de billets dans les collants?

Les enquêteurs pensent qu’elle est à l’étranger. La police française cherche d’ailleurs à “vérifier” si une femme, contrôlée en Turquie avec son compagnon et “plus de 200.000 euros” en leur possession, est la salariée en question. “Il y a des vérifications en cours sur un couple” arrêté là-bas “qui pourrait correspondre”, a déclaré une source policière.

Europe 1 est plus affirmatif. Selon la radio, tout laisse à penser que le couple arrêté en Turquie le 13 octobre et bien celui recherché. Les initiales de cette Française et ce Turc correspondent à celles des fugitifs. Tous deux ont été interceptés dans une voiture par les douanes turques à la frontière avec la Bulgarie. Les liasses de billets étaient dissimulées dans les chaussettes pour l’homme, dans les collants pour la femme. Des billets de 50, 100 et 500 euros pour un total de 245.000 euros. Auditionné, le couple a été laissé libre, sous contrôle judiciaire en attendant de comparaître devant la justice turque.

Après Musulin, Loomis a nouveau touchée

Chez Loomis, de nombreuses questions demeurent. Y’a-t-il eu une erreur de procédure? Des défaillances au niveau du recrutement? La salariée a-t-elle bénéficié de complicité? “Il y a sans doute eu une faille dans le système”, estime Alain Cebil, délégué CFDT sur le site d’Arcueil. “La question se pose forcément de savoir comment on sort une somme pareille d’un local hypersécurisé, avec des caméras partout”, acquiesce Jacky Gontier, délégué Force ouvrière, pour qui ce type de vol est “normalement impossible”. Pour le directeur de Loomis, les “procédures” ont pourtant été “respectées”. Et d’insister que la jeune femme disposait d’une carte professionnelle – normalement attribuée après enquête de moralité – délivrée par le Conseil national des activités privées de sécurité (CNAPS), chargé de l’agrément des professions de sécurité privée.

Il y a cinq ans, la compagnie a déjà été marquée par un spectaculaire et médiatique vol de 11,6 millions d’euros, le 5 novembre 2009. Toni Musulin avait alors faussé compagnie à ses deux collègues, au volant d’un fourgon blindé contenant son butin faramineux . Condamné à cinq ans de prison, le convoyeur de fonds est sorti en octobre 2013. 2,5 millions restent toujours introuvables.

Source : Le  JDD

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