Un million de personnes ont bu pendant des années une eau du Léman contaminée au triazole par Syngenta

Auteur(s) France-Soir Publié le 20 octobre 2026 – 11:28

Lausanne

Vivace Unsplash et FS

Depuis son site chimique de Monthey le géant des pesticides Syngenta a rejeté pendant des années pluss de 60 tonnes de 1,2,4-triazole dans le Rhône contaminant durablement l’eau potable d’environ un million de personnes en Suisse et en France. Une enquête d’Antithèse expose comment ce composé servant à fabriquer des fongicides et classé toxique pour la reproduction s’est accumulé dans le Léman où sa concentration dépasse jusqu’à sept fois la valeur admise à titre de précaution. 

Les autorités cantonales assurent qu’il n’existe pas de danger sanitaire aigu pour la consommation de cette eau pourtant les effets à long terme restent inconnus et les experts s’inquiètent d’un possible effet cocktail avec d’autres polluants. Près de 63 tonnes de cette substance reposent désormais dans les eaux du lac et le chef du service de l’eau de Lausanne a jugé la situation inacceptable. 

Le Service valaisan de l’environnement savait que la substance était utilisée sur le site depuis les années 1990 et il la mesurait à Monthey depuis 2018 sans que des mesures correctives significatives n’aient été prises avant la détection dans les réseaux d’eau potable en 2025. RTS a indiqué que les analyses le long du Rhône pointaient clairement le site chimique de Monthey comme source principale des rejets industriels. 

Entre des offices fédéraux et cantonaux qui se contredisent sur la date de classification du métabolite une station d’épuration sans filtre à micropolluants et un industriel qui invoque le secret industriel pour refuser de communiquer la liste complète de ses produits l’enquête révèle un labyrinthe de responsabilités. Syngenta a reconnu l’origine industrielle de la pollution et annoncé des mesures pour réduire ses rejets mais la substance mettra des années à disparaître du Léman.

Les cantons de Vaud Genève et Valais affirment que l’eau peut encore être consommée sans restriction particulière y compris pour les populations vulnérables sur la base d’une évaluation du Swiss Centre for Applied Human Toxicology. 

La Ville de Lausanne tente d’obtenir l’accès au dossier administratif pour faire valoir les intérêts des communes concernées.

Source : France Soir

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