Un CRS isérois témoigne : « Nos conditions de travail se dégradent considérablement

les-policiers-disent-se-sentir-aujourd-hui-denigres-par-les-concitoyens-une-marque-de-defiance-qu-ils-interpretent-comme-le-rejet-de-toute-forme-d-autorite-emanant-de-l-etat-archives-photo-le-dl-etienne-bouy-1559498817Les policiers disent se sentir aujourd’hui dénigrés par les concitoyens. Une marque de défiance qu’ils interprètent comme le rejet de toute forme d’autorité émanant de l’État. Archives photo Le DL /Etienne BOUY

Depuis le début de l’année 2019, les forces de l’ordre semblent connaître une réelle crise. Un mal-être et une souffrance psychologique qui s’étendent peu à peu à la profession. Pierre*, CRS dans une compagnie grenobloise, témoigne.

Attentats, gilets jaunes, dénigrements et recrudescence de violences ciblées : « Un contexte qui a fait naître un profond mal-être chez les forces de l’ordre », confie Pierre, membre de l’une des compagnies républicaines de sécurité (CRS) de Grenoble.

« Mon métier, c’est une réelle vocation »

C’est un chuchotement qui traverse peu à peu les rangs de la police, un frémissement d’affliction et parfois même de désespoir. Ces hommes et ces femmes qui ont choisi de porter l’uniforme pour “servir” se sentent aujourd’hui « pris en étau entre leur devoir, leur hiérarchie et la société ». Une situation que Pierre a choisi de mettre en lumière en brisant la loi du silence, dans l’espoir « de faire changer un tant soit peu les choses ».

Son métier, ce CRS le décrit comme « une réelle vocation, un choix qu’il ne saurait remettre en question, malgré les difficultés ». Pourtant, il conte un quotidien semé d’embûches pour lui et sa compagnie. Des effectifs réduits, un manque de soutien hiérarchique et un isolement constant dû à des déplacements réguliers qui « impactent petit à petit la vie de famille » des policiers.

« J’ai été le premier à me mettre en arrêt maladie »

« Nos conditions de travail se dégradent considérablement. À Paris, les policiers n’ont le droit qu’à un week-end toutes les cinq semaines », insiste le CRS. Un ensemble d’éléments qui peuvent, à ses yeux, pousser à commettre l’irréparable : « S’il y a eu une vague de suicides, c’est notamment parce que beaucoup d’entre nous divorcent ou connaissent des situations de vie délicates dues à notre métier. J’ai été le premier à me mettre en arrêt maladie. Certains décident aussi de démissionner. C’est loin d’être facile », confie Pierre.

Source : Le Dauphiné

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