Ukraine : «En matière de mensonges, nous avons fait beaucoup mieux que Poutine»

Sur Europe Matin lundi, l’ancien haut fonctionnaire et spécialiste de la défense Pierre Conesa est revenu sur l’invasion militaire russe en Ukraine. Il a fait un parallèle entre l’opération lancée par Vladimir Poutine et celle des Etats-Unis en Irak, estimant qu' »en matière de mensonges, nous avons fait beaucoup mieux » que le président russe.

Au douzième jour de l’invasion russe en Ukraine, l’armée russe bombardait la deuxième ville du pays Kharkiv et resserrait son étau sur la capitale Kiev, alors qu’une troisième séance de négociations russo-ukrainienne est prévue dans la journée, sans grand espoir de succès. Invité sur Europe Matin lundi, le spécialiste de la Défense Pierre Conesa a estimé que cette guerre « va durer » et qu’elle va « coûter très cher aux Russes ». Il a également fait le parallèle entre l’invasion russe et « l’invasion américaine en Irak ».

« Poutine est un dirigeant politique et il est responsable de ses actes. Cela dit dans la salle d’attente de la Cour pénale internationale j’espère qu’il y a George Bush. Parce qu’en matière de mensonges, on a fait beaucoup mieux que Vladimir Poutine. Le président russe a fait le mensonge de négocier et de préparer en même temps son invasion », a-t-il lancé avant de pointer du doigt « la grande messe de l’Assemblée générale de l’ONU » avant l’intervention américaine en Irak. 

« Poutine est surtout un paria pour l’Occident »

« Dans le mensonge, on a quand même un ordre de priorité qu’il faudrait maintenir. Car aujourd’hui on tire la conclusion que Poutine est un paria. Mais en réalité il l’est surtout pour l’Occident. Dix-sept États africains ont refusé de voter la motion à l’ONU, c’est-à-dire qu’on a même des alliés qui nous quittent. Prenons le cas du Mali qui fait appel à Wagner, vous croyez qu’il va condamner l’invasion de l’Ukraine ? », a-t-il encore interrogé.

Pour Pierre Conesa, la géopolitique est totalement différente. « On n’en tire pas les conclusions parce que l’on est habitué à dicter l’ordre moral de l’Europe. Nous avons quand même fait une quarantaine d’interventions militaires depuis 91 », a rappelé l’ancien haut fonctionnaire. « Les stratèges occidentaux considèrent que la terre est plate et qu’on en est le centre. Et tout ce qui est en périphérie est une terra barbaris dans laquelle on peut intervenir. »

Source : Europe 1

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