Trois votes, trois sabotages, les ZFE tiennent par la vile ruse de certains députés
Auteur(s) France-Soir Publié le 09 octobre 2026 – 14:20


F. Froger
Jeudi, à minuit pile, l’Assemblée nationale a refermé ses portes sur la proposition de loi visant à abroger les zones à faibles émissions, sans qu’aucun vote final n’ait eu lieu. Le règlement impose l’arrêt des débats à cette heure lors des journées réservées aux groupes d’opposition, et selon le rapporteur, certains députés ont multiplié les sous-amendements tout au long de la soirée pour qu’il en soit ainsi.
Après une séance trouée de suspensions et de rappels au règlement, Alexandre Jardin, qui suivait la scène pour le mouvement des Gueux, a écrit « le vote sur l’abrogation des ZFE a été empêché avec des artifices de procédure (obstruction de LFI, Écolos, Renaissance ) avec le concours délibéré du gouvernement car tous savaient que l’abrogation d’une injustice dénoncée par 8 Français sur 10 serait votée. »
En avril 2025, Le Figaro rendait compte d’un sondage Ifop commandé par le collectif Stop ZFE, dont les Gueux font partie, selon lequel près de huit Français sur dix ne voulaient plus entendre parler de ces zones. La Ligue de défense des conducteurs, copilote de l’enquête, retenait 78 % de personnes favorables à une suspension, le temps que le parc se renouvelle tout seul.
Il est à remarquer que l’amendement écologiste qui supprimait l’article unique du texte avait été rejeté dans la soirée par 164 voix contre 49, rapporte LCP. Pour Pierre Meurin, une partie de l’hémicycle refusait « d’aller au vote à la loyale » et multipliait les sous-amendements, alors qu’une majorité favorable à la suppression existait bel et bien sur les bancs.
La volonté du peuple se heurte à un mur depuis des mois, la suppression des ZFE ayant déjà été votée dans la loi de simplification de la vie économique avant d’être censurée par le Conseil constitutionnel le 21 mai 2026. Ses Sages n’avaient pas jugé le fond, ils avaient estimé que la mesure n’avait pas de lien suffisant avec le texte initial, une censure de procédure qui avait fait bondir aussi bien Manon Aubry qu’Éric Ciotti. Le 30 septembre, la commission du Développement durable avait encore rejeté le texte à deux voix près, par 21 voix contre 19, l’abstention des élus insoumis ayant pesé lourd selon le rapporteur.
Alexandre Jardin, figure du collectif des Gueux, avait prévenu les députés par écrit qu’il publierait le vote de chaque élu et le ferait connaître aux électeurs de sa circonscription. Faute de vote final, c’est le scrutin public sur l’amendement de suppression qui servira désormais de liste à ceux qui veulent savoir qui a voté quoi. L’écrivain aura perdu cette manche, mais mise déjà sur la suite, lui qui défend depuis des mois l’idée d’un référendum citoyen et avait annoncé une pétition pour obtenir une consultation populaire après la décision des Sages.
Entre la censure des juges, les sous-amendements de minuit et une commission perdue à deux voix, les automobilistes exclus des centres-villes pourront retenir que leurs représentants politiques n’ont que faire de la volonté des citoyens, et il est à craindre que certains auront à s’en expliquer devant leurs électeurs le moment venu.
Source : France Soir
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