[Tribunal] Il avait promis au gendarme de lui… péter les dents !

L’intéressé s’en tire avec de la prison avec sursis, du travail d’intérêt général et un dédommagement.

Devant le tribunal, l'accusé à mis ses propos sur le compte de l'alcool et de la drogue (photo d'illustration).
Devant le tribunal, l’accusé à mis ses propos sur le compte de l’alcool et de la drogue (photo d’illustration).

Après des affaires de stupéfiants et un refus d’obtempérer de l’année dernière, Brahim  (22 ans) avait quelques démarches à suivre que le gendarme Romain J. devait lui indiquer.

C’était le 7 mai dernier, à Gaillon et le militaire s’était présenté à ses parents avec une ordonnance pénale, en l’absence du jeune homme, à deux reprises. Alors, devant le portail de la gendarmerie, Brahim vint hurler qu’il allait « péter les dents » du militaire, qu’il « s’en foutait d’aller en prison, qu’on pouvait préparer sa cellule » mais aussi qu’il « allait voir, s’il le croisait dans la rue avec sa femme et ses enfants » , etc, etc.

Accompagné de deux collègues, le maréchal des Logis chef était de retour à la même adresse, une semaine après, lorsqu’il vit le jeune homme s’armer d’un bâton avant de proférer des menaces similaires. Une perquisition (pour retrouver l’arme) mit au jour un peu de ce qui troublait l’esprit de Brahim : de la résine de cannabis.

Mais après une garde à vue, on ne retint que les menaces et les outrages pour ces deux interventions.

« Bousillé »  par le cannabis ?

« Sous alcool pendant cette période, je n’étais pas conscient. Je m’étais mis aux stupéfiants. C’est sûrement vrai mais je ne m’en souviens pas… » explique le prévenu au juge unique.

– Combien le cannabis ?

– Je ne compte plus. J’ai des flashs…

Il dit être désolé pour le gendarme mais regrette de ne pouvoir « faire marche arrière » : « Je ne me contrôlais pas… ». En obligation de soins (alcool et drogue) il atteste d’un début de traitement. Toutefois, le gendarme vient indiquer que le jeune homme « n’avait aucun symptôme de l’ivresse ou de la prise de stupéfiants ». Il ajoute qu’il y avait eu un précédent incident à la gendarmerie, que l’intéressé avait déchiré devant lui un document qu’on venait de lui remettre. Il ne croit pas à cette amnésie : « Il s’assume pas… ».

L’autorité bafouée

La victime des menaces réclame réparation surtout, dit le gendarme, parce qu’elles visent sa femme et ses enfants.

La procureure Catherine Larmignat proteste de l’autorité bafouée, de la recherche habituelle du contact pour s’opposer aux autorités et provoquer des incidents. Un comportement, dit-elle, qui ne s’explique pas avec une simple excuse de consommation. D’ailleurs, ajoute la magistrate reprenant les propres termes du prévenu : « Il est conscient de se bousiller le cerveau avec le cannabis… Il faudra qu’il tienne compte de l’avertissement ».

Cet avertissement est scrupuleusement prononcé pour peine : trois mois de prison avec sursis, 140 h de travail d’intérêt général (en 18 mois) une obligation de soins et un dédommagement de 300 euros (préjudice moral) accordé au gendarme. La précédente peine (janvier 2014) était due à un refus d’obtempérer.

NB. Les condamnations en première instance ne sont pas définitives puisque susceptibles d’appel. Jusqu’à leur condamnation définitive, les prévenus sont donc toujours présumés innocents.

Source : L’impartial

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