Suicides dans la police: manifestation choc au cœur de Paris

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Dans l’esprit des «flashmobs» mis en scène dans des lieux publics par Act-up pour marquer l’opinion, une dizaine de gardiens de la paix et de gradés en civil se sont livrés à une chorégraphie choc de quelques minutes.

Pour dénoncer le «mal-être» et la «détresse sociale» à l’origine d’une importante vague de suicides dans les rangs des forces de l’ordre, le Syndicat général de la police (Unité-SGP) a orchestré une manifestation mardi midi sur la Place du Palais-Royal, au cœur de Paris. Dans l’esprit des «flashmobs» mis en scène dans des lieux publics par Act-up pour marquer l’opinion, une dizaine de gardiens de la paix et de gradés en civil se sont livrés à une chorégraphie choc de quelques minutes. Tous porteurs d’un brassard «Police» à un bras et d’un foulard noir noué à l’autre en guise de deuil, le visage caché derrière un masque blanc sur lequel coule une larme de sang, ceux qui se présentent comme des «prolétaires de la police nationale» ont formé une ronde en se tenant la main, en présence d’environ 200 collègues syndiqués, sous le regard de passants et de touristes interloqués.

Alors que la mélodie du Trio de Schubert sortait de haut-parleurs, les policiers se sont mis à tomber les uns après les autres sous les fenêtres voisines du musée du Louvre et du Conseil d’État, avant de se relever en brandissant des affiches. Barrées du slogan «plus jamais cela», elles représentent des photographies de corde, de médicaments ou encore d’une arme de service surmontée de l’emblème de la police nationale.

S’attaquer aux causes du mal

«Nous avons dénoncé maintes et maintes fois le mal-être grandissant de nos collègues, mais rien ne bouge, déplore Rocco Cottento, responsable parisien du SGP. Ce n’est pas en mettant un psychologue derrière chaque policier que l’on va régler le problème. Il faut s’attaquer aux racines du mal, c’est-à-dire à un cycle qui n’offre qu’un week-end de repos sur six et à des techniques de management hyper-bureaucratisées. Froides et glaciales, elles sont fondées sur la politique du chiffre, pourtant officiellement abandonnée…». Revendiquant pêle-mêle un «plan de logements audacieux» ou encore des «crèches opérationnelles ouvertes jour et nuit», le syndicat a décidé de porter un nouveau «projet de reconnaissance du policier francilien».

«51 suicides en 2017, année noire pour la police, 24 de plus depuis janvier… Jusqu’à quand allons-nous devoir encore subir?», s’est exclamé le secrétaire général du SGP, Yves Lefebvre. Évoquant «le flic qui dort dans sa voiture, qui risque sa peau pour 2 000 euros par mois et qui ne voit plus ses gosses ni son épouse», ce responsable syndical s’est écrié: «trop, c’est trop!». Alors que les élections professionnelles s’approchent, chauffant traditionnellement les esprits dans les rangs, les manifestants n’excluent pas de durcir le mouvement et de «faire descendre 25 000 flics dans la rue s’il le faut».

Un rapport d’une commission d’enquête sénatoriale sur «l’état de la sécurité intérieure», établi par François Grosdidier (LR) et dévoilé début juillet par Le Figaro, soulignait un taux de suicide anormalement élevé dans la police, de 36 % supérieur à moyenne nationale, mais aussi dans la gendarmerie. «La police et la gendarmerie se sont mobilisées», notait cependant le document en précisant qu’«avec 82 postes de psychologues, le service de soutien psychologique opérationnel de la police nationale (SSPO) est le dispositif le plus important en France».

Source : Le Figaro

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