Les gendarmes mis en cause à Sainte-Soline par des vidéos dévoilées par Libération et Mediapart

Un camarade, officier supérieur de la Gendarmerie en retraite, nous fait part de son désarroi devant ce non respect de la déontologie de la gendarmerie :

Les gens qui nous ont remplacés ne valent pas mieux que les pires policiers qui se sont distingués dans les manifestations parisiennes. 

Ils font tout le contraire de ce que nous avons appris et mis en œuvre pendant 40 ans. On s’étonnera d’être mal aimé !

Dans cette vidéo les 14 premières minutes sont dédiées au décryptage des vidéos de Ste Soline. Selon la journaliste de ce media, Mediapart aurait visionné plus de 80 heures de vidéo.

Parmi les près de 700 commentaires en une vingtaine d’heures, j’ai relevé l’un des premiers qui doit être de la plume d’un ancien de l’arme qui pose la question que l’on s’est tous posée en 2009 quand Sarkozy a mis le grappin sur la Gendarmerie. Ça plus le recrutement désastreux et la messe est dite !

« J’ai envie de vomir. Jamais on aurait permis ce genre de choses à mon époque dans la gendarmerie. Mais qu’est-il arrivé à nos forces depuis qu’elles sont passées sous le ministère de l’intérieur ??? Ces merdeux devraient avoir HONTE de cracher comme ça sur une force qui m’a appris à protéger les citoyens ! Je demande à tous les anciens gendarmes « d’avant » de venir dénoncer ces pratiques et de se comporter en responsables !! »

Addendum :  commentaire sur le niveau de maîtrise de la langue sur la même vidéo.

« Il y a quelque temps je me suis rendu dans une gendarmerie pour faire une déclaration de vol de plaques d’immatriculation. Le niveau de français de mon interlocuteur était tel que je doute qu’il ait atteint la classe de sixième. Au bout de 30 minutes passées à corriger le déluge de fautes, je suis reparti avec une déclaration terrifiante sur le niveau scolaire de la gendarmerie… »

RÉPRESSION À SAINTE-SOLINE : LES PREUVES D’UN CARNAGE D’ÉTAT

Le Média

Le 25 mars 2023, dans un champ des Deux-Sèvres, l’État français a laissé libre cours à une violence d’une ampleur inédite. Ce jour-là, 30 000 manifestants venus protester contre un projet de mégabassines à Sainte-Soline se retrouvent face à 3 000 gendarmes surarmés. En deux heures, plus de 5 000 grenades explosent. Médiapart et Libération publient les images des caméras piétons que portent les gendarmes ce jour-là et elles sont accablantes. Des tirs tendus, des ordres illégaux — « Tirez-leur dans la gueule », « En tendu ! » —, des blessés par centaines. Pendant que les manifestants tombent les uns après les autres, les secours sont tenus à distance ; certains blessés agonisent plus d’une heure sans assistance. Quatre resteront grièvement mutilés, dont Serge, plongé dans le coma après un tir de grenade au crâne. Deux ans plus tard, aucune sanction, aucun responsable. L’IGGN parle de “dérives individuelles”. Le ministre de l’Intérieur récuse toute “violence policière”. Mais les preuves s’accumulent : Sainte-Soline fut moins un maintien de l’ordre qu’une démonstration de puissance, une guerre d’État contre ses citoyens. Le Récap est un édito politique, à retrouver du lundi au jeudi sur Le Média. ⚠️ Le Média est diffusé sur le canal 165 de la Freebox et sur le bouquet gratuit de Molotov TV. Suivez Le Média sur sa seconde chaîne Youtube : 👉    / @lemédia24-7  

Source : Youtube

Les gendarmes mis en cause à Sainte-Soline par des vidéos dévoilées par Libération et Mediapart (Article de l’Essor)

Photo : Des gendarmes en quad font usage de gaz lacrymogène pour faire reculer assaillants et manifestants, et leur interdire l’accès à la retenue d’eau de Sainte-Soline (Deux-Sèvres), samedi 25 mars 2023. (Photo : Gendarmerie)

6 novembre 2025

Des dizaines d’heures d’images issues des caméras-piétons des mobiles lors de la manifestation de 2023 contre la mégabassine de Sainte-Soline montrent des pratiques interdites et un langage violent.

Une enquête administrative a été ouverte mercredi 5 novembre sur les agissements de gendarmes lors des violents incidents de Sainte-Soline (Deux-Sèvres) en 2023, après la publication dans la presse de vidéos montrant des tirs de grenades illégaux, parmi d’autres dérives dénoncées.

Le journal Libération et le site d’information Mediapart ont eu accès à des dizaines d’heures d’images captées ce jour-là par les caméras-piétons des gendarmes mobilisés en nombre (plus de 3 000) autour d’une réserve d’eau agricole contestée, surnommée mégabassine, par des milliers de manifestants.

Le rassemblement, interdit, avait dégénéré en affrontements entre militants radicaux et gendarmes. Plus de 5 000 grenades lacrymogènes et/ou explosives et des dizaines de tirs de LBD ont répliqué à une pluie de pierres, de cocktails Molotov et de mortiers d’artifice.

De multiples  « tirs tendus » de grenades

Pour les deux médias, les gendarmes ont multiplié les « tirs tendus » de grenades, une pratique dangereuse et interdite, mais encouragée par leur hiérarchie.

Lire aussi : Deux-Sèvres : 400 “objets dangereux » saisis avant les manifestations anti-bassines

« Tendu, tendu, tendu », « vous balancez un tendu s’il le faut », « on baisse le cougar (lanceur de grenades, NDLR) les gars, on les nique là, allez », entend-on sur des extraits diffusés.

« Y a un mec qui lui a mis une cartouche de LBD pleine tête, le mec il était sec, il l’a shooté pleine tête à dix mètres », raconte un gendarme dans une autre séquence.

« Volonté de blesser » et « jubilation » 

Les deux médias dénoncent aussi, dans le langage des gendarmes, une « volonté » de blesser gravement des manifestants, et la « satisfaction », voire la « jubilation » qu’ils en tirent.

« Je compte plus les mecs qu’on a éborgnés », « une GENL (grenade de désencerclement, NDLR) dans les couilles, ça fait dégager du monde, hein », « t’en crèves deux-trois, ça calme les autres », « tiens, dans ta gueule, fils de pute », « ça leur fera la bite », peut-on entendre.

Lire aussi : Fermeté de la justice face aux opposants violents aux bassines de Sainte-Soline

« Je m’attendais à ce que ça soit bien mais pas autant », « on n’a jamais autant tiré de notre life », « un vrai kiff », « je suis au Nirvana, là, on est sur l’Everest de la (gendarmerie) mobile », lancent d’autres militaires.

De nombreux blessés, certains gravement

Les manifestants avaient annoncé 200 blessés dans leurs rangs dont 40 graves, deux un temps dans le coma ; les gendarmes 45, dont un brûlé aux jambes. Après des plaintes de manifestants, le parquet de Rennes avait ouvert une enquête, confiée à l’Inspection générale de la gendarmerie nationale (IGGN) et toujours en cours.

Lire aussi : Sainte-Soline : des manifestants saisissent la Défenseure des droits contre des « violences » des gendarmes

Selon Libération et Mediapart, le rapport de l’IGGN relève qu’« à la marge, certains gradés ont effectivement donné au cours de manœuvres des instructions pour effectuer des tirs communément appelés « tendus ». Le site d’information assure avoir entendu la consigne dans 9 des 15 escadrons de gendarmerie mobile mobilisés ce jour-là. En juillet 2023, la Ligue des droits de l’Homme avait dénoncé un usage des armes « disproportionné et à plusieurs reprises non nécessaire ». Les autorités ont toujours assuré de leur côté que la riposte avait été adaptée.

Des « faits graves », pour Laurent Nuñez

  Ce jeudi, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a « condamné » sur France Inter les « propos » et « gestes » de gendarmes  qui manifestement ne sont pas réglementaires ». Mais « je ne laisserai jamais critiquer les forces de sécurité intérieure », a-t-il ajouté. « Ce genre de faits qui sont graves, j’en conviens permettent toujours à certains de critiquer d’une manière générale l’institution policière ou la gendarmerie ».

« Ce sont des gestes de violences qui pourraient ne pas être proportionnés », a reconnu le ministre. Mais il a insisté ;  « Vous ne m’entendrez jamais reprendre ce terme de violences policières« .

Lire aussi : Sainte-Soline : la LDH relève la responsabilité de l’État et un usage « disproportionné » des armes

La Gendarmerie assure découvrir ces vidéos

Le porte-parole de la gendarmerie, le colonel Erwan Coiffard, a évoqué sur BFMTV « des manquements à la déontologie ».  Les vidéos, datant de mars 2023, « sont des pièces de procédure judiciaire » et « sont portées à notre connaissance maintenant » parce que les caméras-piétons « sont remisées au service, elles ne sont pas regardées« . Sauf dans le cadre d’une enquête judiciaire ou pour « des actions de formation », a précisé M. Nuñez. « Ce sont les deux seules exceptions qui sont autorisées pour regarder ces caméras » qui « captent l’image des gens », a-t-il rappelé. « Le ministre de l’Intérieur s’en saisit quand il en a connaissance ».

« Les investigations de l’IGGN sont très insuffisantes à ce stade »

Dans un communiqué, les blessés ayant porté plainte ont déploré que « la manière dont a été conduite cette enquête laisse clairement apparaître l’intention de classer sans suite » la procédure.

« Mes clients réclament tous l’ouverture d’une information judiciaire. Pour qu’un juge d’instruction puisse compléter les investigations de l’IGGN qui sont très, très insuffisantes à ce stade », a dit à l’AFP leur avocate, Me Chloé Chalot. La France insoumise et la Confédération paysanne exigent aussi des suites judiciaires.

Lire aussi :  Sainte-Soline : le commandant de l’IGGN critique le rapport de la Ligue des droits de l’homme (LDH)

Me Chalot dénonce « l’insuffisante exploitation » des vidéos des caméras-piétons malgré les « faits délictueux qu’elles révèlent », dont l’importance est « inversement proportionnelle à leur mention » dans les procès-verbaux de la procédure, conséquence « d’un choix d’analyse et de retranscription des enquêteurs ».

L’avocate relève aussi le fait que « les gendarmes en cause » n’aient pas été confrontés aux comportements constatés et aux propos tenus, « malgré la gravité et les conséquences de ceux-ci ».

Par Pierre PRATABUY (AFP)

Source : L’Essor

( A noter que ce vendredi 7 novembre 2025 l’article de L’Essor, repris ci-dessus n’est plus accessible )

« Faut leur tirer dans la gueule ! » : la manifestation de Sainte-Soline vue par les gendarmes

Mediapart et « Libération » révèlent des images inédites du 25 mars 2023, filmées par les caméras-piétons des gendarmes. Elles montrent des consignes prohibées et dangereuses données par la hiérarchie, un vocabulaire guerrier et une troublante satisfaction de blesser « l’adversaire ».

Camille Polloni et Laura Wojcik

5 novembre 2025 à 11h58

Deux ans et demi après la manifestation contre les mégabassines qui avait fait des dizaines de blessé·es à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) le 25 mars 2023, Mediapart et Libération ont eu accès à plus de quatre-vingt-quatre heures d’images tournées par les gendarmes ce jour-là, principalement via les caméras-piétons qu’ils portaient sur la poitrine.

Lire la suite : Médiapart

Lire également : Libération – Sainte-Soline : pourquoi les images révélées par «Libération» ont fait réagir jusqu’au sommet de l’État

Sainte-Soline : des gendarmes mis en cause|TF1 INFO

TF1 INFO

6 nov. 2025 Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a « condamné » jeudi les « propos » et « gestes » de gendarmes lors d’une manifestation à Sainte-Soline (Deux-Sèvres) en mars 2023, révélés dans des vidéos publiées par Libération et Mediapart, réfutant toutefois le terme de « violences policières ». Le journal Libération et le site d’information Mediapart ont publié mercredi des enregistrements de caméras-piétons des forces de l’ordre le 25 mars 2023 lors d’un rassemblement de milliers de personnes autour d’une réserve d’eau agricole contestée, surnommée « mégabassine ».

Source : Youtube

https://vk.com/video622242275_456266670

Sainte Soline : vidéo Mediapart

« Il faut qu’on les tue » ! Les images et propos révélés aujourd’hui par Mediapart sur la répression à Sainte Soline sont terrifiantes.
Ils montrent l’ampleur de la violence et de la volonté de blesser, voire de tuer, qui animait certains des gendarmes présents sur place. Sainte Soline restera comme l’un des plus grands fiascos de maintien de l’ordre dans notre pays. Jamais aucun responsable politique ne s’est expliqué.
Suite à ces nouvelles révélations, j’annonce déposer une nouvelle demande de commission d’enquête pour faire toute la lumière sur l’horreur de cette journée du 25 mars 2023.

Relevé dans le VK de Noémie Fantomette.

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