Saint-Malo Justice. En 1 an, il s’était fait flasher 155 fois !

Un Malouin de 42 ans comparaissait, lundi 16 janvier 2017, devant le tribunal de police pour avoir été flashé à 155 reprises. Le ministère public réclame 7 000 euros d’amende.

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Il a fait tourner en bourrique les fonctionnaires du Cacir (Centre automatisé de constatation des infractions routières) à Rennes. Pendant un an, l’image de son scooter de 125 cm3 s’est affichée très souvent sur leurs écrans.

À 155 reprises, entre juin 2015 et juin 2016, ce cuisinier s’est fait flasher par les deux radars fixes du barrage de la Rance à Saint-Malo et de la Ville-au-Monnier à Pleurtuit pour ne pas avoir respecté la limite autorisée de 70 km/h. Dont « 154 fois pour des excès de moins de 20 km/h », précise le gendarme de la Brigade motorisée de Saint-Malo, chargé d’identifier le mystérieux pilote.

Toujours flashé aux mêmes heures, souvent très tard le soir, il empruntait la même route « quatre fois par jour » pour rallier son domicile de Saint-Malo au restaurant qui l’emploie sur la rive gauche. « Il sest toujours fait avoir par des appareils le flashant par lavant. Et comme sa plaque est située à larrière de son scooter » Alors il a continué son petit manège.

Flashé en rentrant du restaurant

Lassé de voir ce scootériste passer entre les mailles du filet, le Cacir alerte la gendarmerie en mai 2016. Des motards se planquent sur la route du contrevenant. Aux heures où il est censé faire crépiter les flashs des radars. En vain, le scootériste a alors disparu de la circulation. « On a compris ensuite quon avait débuté notre enquête au moment même où il était parti trois semaines en vacances », explique l’enquêteur de la gendarmerie.

Un détail, toutefois, n’a pas échappé aux enquêteurs. Sur les photos des flashs apparaît le numéro de téléphone d’un loueur de scooters, chez qui les militaires glanent de précieux renseignements. Le multiple contrevenant est enfin identifié et convoqué à la gendarmerie le 23 juin dernier.

« Vous avez eu un comportement inadmissible sur la route et vous avez fait perdre des centaines d’heures aux pouvoirs publics (enquête, traitement des infractions, etc.). La gendarmerie a mieux à faire », tonne aujourd’hui le commissaire Serrand, au nom du Ministère public, avant de lui présenter la facture : « 154 fois 45 euros. Et encore, nous retenons un montant minoré ».

Soit une amende réclamée de 6 930 euros !

« Même si Monsieur est cuisinier, la douloureuse va être dure à avaler », le défend Me Tellier. « Il savait évidemment quil était en infraction. Il a continué car il ne recevait jamais de PV. Il sest dit quau pire des cas, sil se faisait avoir, il recevrait un PV, pas 150 ! ».

Pour Me Tellier, le tribunal doit réduire l’amende « déraisonnable et irréaliste » réclamée par le Ministère public à 1 500 euros.

« Mon client a de fait perdu son permis et on lui réclame maintenant des sommes astronomiques Sil avait été responsable dun accident avec de lalcool au volant, on ne lui aurait pas retiré plus de huit points. Cest injuste ».

Le tribunal a mis sa décision en délibéré au 13 mars 2017.

Source : Le Petit Bleu

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