Regardez cette vidéo pour comprendre TOUS les scandales de l’audiovisuel public ! – Michel Goldstein

Tocsin

7 mai 2026 #audiovisuel#francetv#Alloncle Le livre sur la commission d’enquête 🔷Michel Goldstein Ancien rédacteur en chef à France Télévision Deux fois candidat à la présidence de France TV contre Delphine Ernotte Auteur de « Les intouchables de l’audiovisuel public » (co-écrit avec Eric Morillot aux Éditions l’Artilleur) Se procurer l’ouvrage : https://editionsduverbehaut.fr/produi…
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Source : Tocsin

7 mai 2026 #audiovisuel #francetv #Alloncle

Le livre sur la commission d’enquête 

🔷Michel Goldstein Ancien rédacteur en chef à France Télévision 

Deux fois candidat à la présidence de France TV contre Delphine Ernotte 

Auteur de « Les intouchables de l’audiovisuel public » (co-écrit avec Eric Morillot aux éditions l’Artilleur)

C’est peut-être l’une des commissions parlementaires les plus médiatisées de l’histoire de la Ve République. Et pour cause : elle a mis en évidence un système de cooptation et de noyautage politico-financier qui s’est repu d’argent public pendant des décennies tout en diffusant son idéologie, au mépris du pluralisme et de l’exemplarité que les citoyens étaient en droit d’attendre de ses dirigeants. Michel Goldstein, ancien rédacteur en chef de France Télévisions, a suivi l’intégralité des six mois d’auditions et livre ici un tableau très sombre de ce qu’est devenu l’audiovisuel public.

À commencer par la nomination de Delphine Ernotte. Michel Goldstein explique que, selon l’article 12 de la loi sur l’audiovisuel, la présidence de France Télévisions exige à la fois une expérience et des compétences dans ce secteur, ce que Delphine Ernotte n’avait pas au moment de sa nomination en 2015. Ernotte vient d’Orange France (où elle était la protégée de Thierry Breton) et s’est illustrée en particulier par des scandales de management et des suicides.

N’ayant aucune expérience dans le secteur des médias, elle a dû être accompagnée pendant près de deux ans par Rodolphe Belmer, venu de TF1 et Canal+, en pro bono, pour lui ouvrir son carnet d’adresses. Plus troublant encore, les auditions de Delphine Ernotte devant le CSA, qui lui ont ouvert les portes de la présidence de France Télévisions, ont disparu. Même une descente de la police judiciaire à l’Arcom n’a pas permis de les retrouver.

Pour Goldstein, on n’est plus dans le simple copinage, mais dans un saut du prince : François Hollande aurait, via l’Élysée et le président du CSA, Olivier Schrameck, fait comprendre quels candidats devaient être écartés pour favoriser Ernotte. Résultat : la voici repartie pour un troisième mandat, situation inédite, alors même que la Cour des comptes et l’Inspection générale des finances ont documenté un déficit d’environ 80 millions d’euros entre 2017 et 2024 et une gestion jugée défaillante. On comprend mieux le rôle de porte-parole du gouvernement que joue Delphine Ernotte lorsqu’on s’intéresse à ses récentes déclarations. Celle-ci a notamment affirmé qu’étant donné que les militaires prévoient une guerre avant 2029, il est désormais du devoir du service public de devenir un média de confiance pour porter une parole officielle en cas de conflit.

Le deuxième bloc fort, ce sont les scandales financiers et symboliques qui illustrent la gabegie de l’argent public, en particulier l’affaire du Majestic à Cannes et le château en Dordogne. Michel Goldstein rappelle que France Télévisions envoie chaque année des dizaines, voire des centaines de salariés au Festival de Cannes, dans l’un des palaces les plus chers de la Croisette, le Majestic. Factures à l’appui, son coauteur, Éric Morillot, a exhumé des notes de chambres à plus de 1 100–1 300 euros la nuit, pour des séjours parfois de longue durée.

Interrogée en commission, Delphine Ernotte s’est défendue en expliquant qu’aucun euro d’argent public n’aurait été dépensé, le tout reposant sur un système d’échanges de publicité (barter) : des espaces publicitaires cédés en contrepartie de nuits d’hôtel. Mais Goldstein souligne que cet échange n’est ni contractualisé ni tracé, et que, dans les faits, il s’agit d’un manque à gagner pour France Télévisions : des revenus publicitaires qui auraient dû entrer n’entrent pas.

Le même esprit anime l’affaire du château en Dordogne : un domaine d’environ 115 hectares, avec piscine, acheté pour environ un million d’euros et mis à disposition du personnel via le comité d’entreprise. Sur le papier, la pratique est légale et justifiée par le bien-être au travail, mais, comme le rappelle Goldstein, la différence avec une entreprise privée, c’est que là, c’est l’argent des Français et qu’il existe un devoir d’exemplarité, aggravé par des comptes déficitaires. Et en interne, alors qu’une trentaine de cadres sont mieux rémunérés que le président de la République, les autres salariés doivent se contenter de miettes : un rapport du CSE parle de management toxique, de journalistes sous pression, de fragmentation des tâches et de voyages en seconde classe avec du matériel lourd.

Enfin, Michel Goldstein s’attaque à la boîte de Pandore des sociétés de production Banijay et Mediawan – et de Nagui – comme symbole de la confusion totale entre intérêts privés et argent public autour de France Télévisions. Il rappelle d’abord le cas Takis Candilis, passé de Banijay à la direction des programmes de France 2 avant de retourner chez Banijay, pendant que les émissions produites par ce groupe explosent à l’antenne, au détriment d’autres producteurs comme Patrick Sébastien, qui raconte être passé de 16 prime time à zéro quand Nagui produit Banijay en avait 11.

Ce jeu de chaises musicales entre France Télévisions et Banijay est au cœur des soupçons de conflit d’intérêts, la commission d’enquête évoquant des déports à répétition pour Takis Candilis lorsque des contrats concernant son ancien employeur étaient en cause. Dans le même esprit, Goldstein et son ouvrage soulignent le poids grandissant de Mediawan, groupe fondé par Pierre-Antoine Capton, Xavier Niel et Matthieu Pigasse, qui produit des émissions phares du service public comme « C à vous » ou « C dans l’air » avec l’argent de la redevance, alors que son président est visé par des procédures pour manquements d’initié autour d’une OPA sur Mediawan en 2020. Sur Nagui, enfin, l’entretien rappelle qu’il n’est pas seulement animateur vedette mais aussi homme d’affaires, longtemps actionnaire de Banijay via ses sociétés de production, avec des revenus et des positions qui le placent au cœur de ce système où quelques producteurs captent des millions sur fonds publics tout en gardant la main sur les formats et les visages à l’antenne.

On mesure mieux à quel point le rapport de Charles Alloncle dérangeait le système, et les raisons des pressions inouïes qui ont pesé sur le rapporteur et sur la publication de son travail.

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