Quatre ans ferme pour le Dr Fourtillan, et sursis pour le Pr Joyeux : le jugement qui interroge sur ce qu’est le serment d’Hippocrate

Auteur(s) France-Soir Publié le 05 octobre 2026 – 22:28

Jean-Bernard Fourtillan, 82 ans

Fourtillan

Ce 1ᵉʳ octobre 2026, le tribunal correctionnel de Paris a condamné en son absence Jean-Bernard Fourtillan, 82 ans, à quatre ans de prison ferme pour des essais menés sans autorisation dans une abbaye de la Vienne. D’après La Nouvelle République les chefs retenus : recherche interventionnelle sur la personne humaine sans autorisation, exercice illégal de la médecine et de la pharmacie, escroquerie, abus de confiance. Par-dessus, un mandat d’arrêt et une interdiction définitive d’exercer dans la santé. C’est dire si on lui en veut d’avoir fait du bien.

Henri Joyeux, présenté comme son bras droit, échappe à la prison ferme. Un an avec sursis et 10 000 euros d’amende. Marianne Fourtillan, son épouse, pharmacienne et organisatrice des sessions, écope de deux ans dont un avec sursis. Restent les deux hommes, l’un pharmacologue, l’autre cancérologue, que leurs patients sont venus chercher. Au fil de longues carrières, on ne leur connaissait guère d’autre défaut que d’avoir voulu faire le bien, en défendant au passage les valeurs de la famille. Rien n’est encore définitif, l’opposition et l’appel restent ouverts.

Entre mai 2018 et août 2019, près de 400 personnes, malades d’Alzheimer ou de Parkinson et quelques volontaires sains, ont reçu des patchs à l’abbaye Saint-Croix de Saint-Benoît, près de Poitiers, par groupes d’une trentaine, de nuit. Fourtillan disait avoir identifié la valentonine, hormone de la glande pinéale, associée à la 6-méthoxyharmalane pour traiter des maladies pour lesquelles la médecine officielle ne propose que des soins symptomatiques. Le juge David Mayel a retenu qu’il avait voulu faire croire à des patchs capables de guérir. Le serment d’Hippocrate, lui, ne parle-t-il pas d’abord de soigner ? C’est précisément ce que ses défenseurs opposeront au dossier, pour Fourtillan comme pour Joyeux, deux hommes dont les proches décrivent une bienveillance têtue, avant tout autre chose.

Mais ce parcours judiciaire ne se limite pas aux patchs. En décembre 2020, après son interpellation, Fourtillan avait déjà été hospitalisé sous contrainte à l’hôpital d’Uzès, le préfet du Gard, Didier Lauga, ayant pris à l’époque un arrêté à la suite d’un certificat médical. Il réussira finalement à sortir quelques jours plus tard sur décision du juge des libertés. En décembre 2025, rebelote à Ajaccio, un urgentiste l’avait admis le 3 décembre au titre du péril imminent, mesure maintenue par le juge des libertés et de la détention. Son avocat, François Danglehant, y voyait une « procédure bâillon », ses soutiens y voient une mise à l’écart. 

Quatre ans ferme pour un octogénaire qui dit avoir voulu soigner, quand des affaires de violences sexuelles sur mineurs sortent bien souvent avec des quantum largement plus légers. Que pèse le fait d’avoir soigné hors tampon, face à l’Ordre des médecins et à ceux qui valident les autorisations ?

Pierre Barnérias, qui l’avait fait intervenir dans son film Hold-up en 2020, s’inquiète de ne pas avoir de ses nouvelles… comme bien d’autres.

Source : France Soir

Laisser un commentaire